Le Snui utilise les chiffres des services des impôts pour dresser la radioscopie fiscale de la Vendée. De gauche à droite : Philippe Mureau, secrétaire adjoint du Syndicat unifié des impôts, Denis Turbet-Delof, secrétaire et Évelyne Airaud, membre du bureau. L'image de la Vendée « où il fait bon vivre » en prend un coup. D'autant que le Snui, qui pratique cet exercice grinçant de « transparence fiscale » depuis 2005 (1), enfonce le clou en puisant dans le détail sociologique. Ainsi, toujours en 2006, 54,3 % des retraités déclaraient des revenus inférieurs au Smic et plus de 64 % de la population, toujours selon le mode de calcul du Snui, vivaient avec moins de 15 000 euros par an : « Rien de surprenant quand on voit le nombre de repas servis aux Restos du coeur et le nombre de dossiers de surendettements », poursuit Denis Turbet-Delof. Qui précise que 26,5 % des foyers fiscaux vivaient avec moins de 625 euros mensuels (chiffre qui monte à 31 % quand on ne tient compte que des retraités).
Des inégalités importantes
A l'autre bout de l'échiquier social vendéen, d'autres n'ont pas de soucis de fin de mois. En 1997, 762 contribuables payaient l'impôt sur la fortune. Ils sont plus de 3 000 en 2006. Cette année-là, les 3 059 plus gros contribuables vendéens auront payé pour 19,2 millions d'euros d'ISF. Le 1 % de contribuables dans la tranche de revenus supérieurs à 78 000 euros mensuels détient 10 % de l'ensemble de revenus déclarés en Vendée : « Certes la flambées des prix de l'immobilier joue, mais cela illustre bien l'inégalité croissante des revenus avec une minorité qui s'enrichit et une grande majorité qui s'appauvrit », s'indigne le secrétaire du Snui.
Géographiquement, cette pauvreté est un peu plus marquée dans le sud et à l'est du département. Si on regarde par grandes villes, le Snui constate que Fontenay-le-Comte regroupe 57,6 % des foyers payant un revenu proche du Smic, contre 55,3 % à Luçon, 52,6 % aux Sables-d'Olonne, 51,53 % aux Herbiers, 51,3 % à La Roche-sur-Yon et 50,6 % à Challans : « Certes le chômage est un des plus faibles de France mais les Vendéens sont parmi les moins bien payés de notre pays », soutient le rapport du Snui. Denis Turbet-Delof conclut : « La réalité de la Vendée, c'est une majorité qui vit chichement et une poignée de gens très riches. C'est la traduction exacerbée du paysage social français ».
Marc LAMBRECHTS.
(1) Ces chiffres, selon le Snui, sont vérifiables sur impots.gouv.fr. La direction des impôts de Vendée précise, de son côté, qu'en 2004, le pourcentage de foyers fiscaux des tranches d'impôt de 0 à 12 000 euros (après application de l'abattement général des salariés) était de 56% et qu'il est passé à 52% en 2006. Pour le Snui, la différence vient du fait qu'il a pris pour base de ses calculs le niveau du Smic (et non les tranches, comme le fait la direction des impôts) de 2004 puis de 2006, ce dernier ayant été relevé depuis.

heureuse découverte au centre ville de LA ROCHE. les plats typiques des ANTILLES et de LA REUNION...

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