Me Michel Freizeffond, notaire à Saint-Gilles-Croix-de-Vie : Cette décélération est moins rapide qu'ailleurs où l'on parle même de baisse. Même si c'est encore un endroit moins cher que la Charente, la Loire-Atlantique ou la côte basque, la Vendée avait pris du retard et rattrape son différentiel. Les prix montent encore et il n'y a aucune raison pour que ça s'arrête. Il y a de la marge.
Qui sont les acheteurs ?
Des retraités qui viennent en premier d'Ile de France et en second de Loire-Atlantique. Les plus de 50 ans sont surreprésentés avec beaucoup d'acquéreurs entre 60 et 70 ans. Ils ont le pouvoir d'achat. C'est l'effet papy-boom qui commence à s'estomper mais devrait durer encore 5 ou 6 ans.
Pourquoi tant de convoitise pour la côte vendéenne ?
Une fois libres des contraintes de travail et de famille, les gens quittent la ville pour chercher une qualité de vie meilleure. Le pouvoir d'achat d'un Parisien est de 215 000 € quand celui d'un Vendéen est de 162 000 €. Alors le Parisien achète en Vendée où c'est en moyenne 25 % moins cher qu'en Charente-Maritime ou en Loire-Atlantique qui rattrapent la Côte d'Azur.
La hausse continue des prix touche-t-elle tout type de transaction ?
Oh non ! C'est dans le prix du terrain qu'il y a le feu. Sur un an, la maison ancienne augmente de 5 %, l'appartement de plus de 5 ans n'augmente plus, mais les terrains à bâtir prennent 39 %. Il y a peu, le terrain représentait un quart de la valeur d'une propriété, maintenant c'est la moitié.
Quelles sont les conséquences ?
On vend des parcelles de plus en plus petites. Il est aussi de plus en plus fréquent de voir des gens acheter des propriétés bâties, les démolir, et reconstruire du neuf. Et les acheteurs les plus jeunes s'endettent sur des durées de plus en plus longues.
C'est pareil sur tout le littoral ?
Il y a des différences énormes. Le plus cher c'est les îles, le moins cher Saint-Jean-de-Monts, la plus forte hausse au Château-d'Olonne. C'est très cher aussi aux Sables-d'Olonne et Saint-Gilles où l'augmentation dépasse 30 % sur un an et atteint 102 % sur 4 ans. Sans doute parce qu'il n'y a plus rien à acheter.
C'est donc un marché impossible à maîtriser ou anticiper ?
C'est toujours la fameuse question de l'offre et de la demande. J'ai l'exemple d'un terrain de 600 m2. En 2003, une agence immobilière en propose 25 000 € à son propriétaire qui n'est pas vendeur. Un an plus tard, l'agence revient et propose 40 000 €. Le propriétaire dit qu'à 80 000 € il vend. Trois mois plus tard, l'agence a trouvé l'acquéreur à ce prix-là. L'affaire se fait mais l'acquéreur change de projet et revend un an plus tard, 115 000 €... C'est un cas particuliers qui n'est plus si particulier que ça !
Recueillie par
Jean-François MARIVAL.
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