Selon le conseil général, les intérêts des agriculteurs n'ont pas été suffisamment pris en compte lors de la rédaction de la charte. « On ne pouvait pas aller plus loin dans les concessions faites aux irrigants », oppose le parc interrégional. : Archives Marc Roger.Pour mener à bien cette politique, un cadre financier a été défini. Il repose lui aussi sur trois grands principes : une participation des collectivités constante, une meilleure lisibilité des actions proposées et la mise en oeuvre d'un calendrier prévisionnel de réalisations des actions.
La charte au coeur d'une polémique
Selon les estimations des comptables du parc interrégional, les dépenses engagées en 2008 pourraient se chiffrer à 3 522 545 €. 1 535 135 € seront consacrés au fonctionnement et 1 987 410 € correspondent aux actions menées sur le territoire. Selon la répartition des recettes totales, les principaux financeurs du Parc sont le conseil général Poitou-Charentes (872 400 €) le conseil régional des Pays de la Loire (871 500 €), l'État (624 803 €), le conseil général des Deux-Sèvres (380 280 €), le conseil général de Vendée (303 752 €), le conseil général de Charente-Maritime (141 735 €), l'agence de l'eau (126 300 €) et les communes (114 974 €).
Et pendant que le Parc fait ses comptes, la polémique sur la charte refait surface. Yann Hélary assure que « le dossier est sur le bureau du ministre Jean-Louis Borloo et sa volonté est de labelliser le marais ». Simple question de bon sens, souligne le président du Parc : « N'oublions pas que les sanctions levées provisoirement par Bruxelles suite à l'intervention de Jean-Pierre Raffarin sont soumises à cette labellisation. Et les contraintes fixées par l'Europe nous interdisent d'aller au-delà de ce que l'on a déjà concédé aux irrigants ». Autre argument : « Labelliser le marais poitevin serait la première décision concrète consécutive au Grenelle de l'environnement ». Sous-entendu : refuser le label serait une décision paradoxale, voire contradictoire aux engagements pris par le ministre de l'Écologie.
Au conseil général, on a déjà enterré la charte. « Elle sera réécrite, c'est sûr et certain », affirme Joël Sarlot, conseiller général du canton de L'Hermenault. « Yann Hélary pratique la méthode Coué, mais cela ne correspond pas à la réalité ». Le département évoque même des « problèmes juridiques », qui rendraient le document caduc. « En plus d'un fond que l'on ne partageait pas, la forme n'est pas bonne », enfonce Joël Sarlot. « Ce n'est pas la victoire d'un camp sur un autre », s'empresse-t-il de préciser. « Mais si l'on nous avait un peu plus écoutés, on n'en serait pas là ».
Jean-Philippe GAUTIER.

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