Football : Jérémy Toulalan ne reconnaît plus Nantes
Jérémy Toulalan (22 sélections en équipe de France), ici dans la pataugeoire de Gerland lorss du dernier match contre Valenciennes, est le dernier grand joueur sorti du centre de formation du FC Nantes. : ©PhotoPQR/Le Progrès/Stéphane Guichon
Ligue 1. Nantes - Lyon, samedi (21 h). Il le dit en souplesse toujours, en creux parfois. L'international de l'Olympique lyonnais n'est pas fan du FC Nantes de Waldemar Kita.
La communication de Jérémy Toulalan commence à ressembler à son jeu. On y décèle beaucoup d'engagement, mais jamais d'agressivité malsaine. Même quand le sujet lui tient vraiment à coeur. Et c'est évidemment le cas du FC Nantes contre lequel Lyon joue ce week-end, même s'il n'est, à titre personnel, pas sûr d'être de la partie (inflammation au mollet). « C'est toujours un plaisir de retourner à Nantes où, de toute façon, je passerai les fêtes de fin d'année, explique-t-il. Maintenant, au niveau football, pas mal de choses ont changé depuis que je suis parti. Il y avait déjà pas mal de difficultés quand j'y étais. Mais là, j'ai carrément l'impression que ce n'est plus le même club, ni les mêmes valeurs. »
Pour lui, comme pour d'autres anciens, le départ du Docteur Fabrice Bryand, dont il est toujours très proche, est un signal très fort. « Qu'il ait démissionné montre qu'il y a vraiment un gros souci au FC Nantes. » Après le tacle, un petit trait de dérision : « Ils ont pris trois personnes pour le remplacer. Mais je ne sais pas si ça suffira pour apporter tout ce qu'il apportait. »
Conversation avec Baup
Ces soubresauts intestins, l'international lyonnais les a suivis à travers les quelques liens directs qui lui restent au sein de la maison mère. Côté sportif, l'ex-minot de la Saint-Pierre a également ses infos, et ses impressions. « Je n'ai vu qu'un match en intégralité. Peut-être pas celui qu'il fallait voir, se marre-t-il sans méchanceté, car c'était celui contre Le Mans. Mais j'ai vu aussi des passages d'autres rencontres. » Suffisamment pour percevoir les améliorations en cours. « On voit que le bloc défensif fonctionne mieux et que c'est une priorité. J'en ai discuté avec Elie Baup lorsqu'on s'est croisé à l'aéroport de Lyon. C'était après Grenoble, il était resté dans la région, car sa femme est à Saint-Etienne, et moi, je partais en sélection. Il m'avait dit qu'il devrait procéder par étapes et que le chantier était énorme. »
L'infatigable milieu de terrain vit une nouvelle saison très dense. Un peu différente des précédentes à l'écouter. « On est peut-être un peu moins bons mais on reste efficace et on compte cinq points d'avance en championnat. » Une compétition dans laquelle il voit deux rivaux se détacher : Bordeaux et Marseille. Il cite également Nice spontanément, voire Nantes.
L'Olympique lyonnais est d'ores et déjà qualifié pour les 8es de finale de la Ligue des champions. Une nouvelle fois ! Jérémy Toulalan sait que le président nantais, Waldemar Kita, cite parfois Jean-Michel Aulas en exemple. Il en sourit. « Qu'il soit impressionné par le président Aulas, il y a de quoi. Mais je ne suis pas persuadé que si on lui donne autant de temps, il parviendra à la même réussite à Nantes. »
Pour l'heure, l'ex-PDG de Cornéal ne voit certainement pas aussi loin. Profiter de l'absence de Benzema, Juninho, Govou, et peut-être Toulalan, donc, pour prendre des points, suffirait à son bonheur. Mais la théorie d'un OL diminué est fragile, et même sur ce chapitre, une digression cinglante menace. « À part Karim et Juni qui sont au-dessus, notre groupe est très homogène et étoffé. Claude Puel dispose de 25 joueurs. Moins qu'à Nantes quand même... » Viril, mais correct.
Pierre-Yves ANSQUER.
Ouest-France