Une messe au milieu des auto-tamponneuses
: Ouest-France
Hier, quatre enfants ont été baptisés sur un manège de la fête foraine, place Napoléon.« Nous nous adaptons à la mobilité des artisans de la fête », explique un aumônier.
De part et d'autre de l'autel, des auto-tamponneuses soigneusement garées. Les loupiotes orange et rouges du manège éclairent chaleureusement la célébration de la traditionnelle messe des forains : c'était hier matin, place Napoléon, à La Roche-sur-Yon. Comme chaque année depuis 30 ans, au mois de mai, les artisans de la fête de la région se retrouvent.
« On ne va pas faire de comparaison, mais... c'est quand même une belle façon de vivre la foi ! » A mi-mot, le père Gérard Favreau (1) suggère que les couleurs vives et la spontanéité des forains tranchent avec bonheur sur les cérémonies plus... calmes, dans la fraîcheur des églises. Pas de quoi gagner des fidèles parmi les passants, toutefois : les rares curieux poursuivent tranquillement leur chemin quand ils comprennent qu'il s'agit d'une messe.
Certes, les bruits de la ville viennent perturber chants et lectures. Mais le dynamisme de Mgr Jacques David sait rattraper l'attention des esprits qui s'égarent au fil des nombreuses « distractions ». L'ancien évêque d'Evreux, venu prendre sa retraite en Vendée, n'hésite pas à faire de l'humour : « On me dit que les forains sont très attentifs aux enfants et aux personnes âgées : vu mon âge, je savais que je me sentirais bien parmi vous ! » L'assemblée rit de bon coeur. Elle a gagné une vingtaine de fidèles par rapport à l'année dernière : la centaine de sièges est presque entièrement occupée.
Baptêmes et communion
L'essentiel des familles vient du département. L'une d'elle a fait le déplacement de Pontivy (Morbihan). Grâce à la présence de Dan-Flanagan, Lee-Lou, Charly et Joey, enfants de forains, le rassemblement a pris un petit coup de jeune : comme dans n'importe quelle cérémonie de baptême, parents, parrains et marraines sourient, parfois très émus. Sidney, 9 ans, participe activement à la célébration : c'est aussi l'occasion de sa première communion.
« Depuis trente ans ici, nous venons à la rencontre des forains parce que leur métier ne leur laisse pas la possibilité de venir à l'église le dimanche. Nous nous adaptons à leur mobilité, dont notre société a besoin », explique le père Gérard Favreau.
(1) Le père Gérard Favreau est aumônier des artisans de la fête de la province de Rennes (Bretagne-Pays de la Loire).
Ouest-France