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Rémy Paillard a constitué un trésor aujourd'hui dans le patrimoine vendéen. Rémy Paillard, 80 ans, découvreur passionné, est heureux de ce retour sur la terre natale de Georges Clemenceau : « Je me faisais du souci de voir ma collection de quelque 1 200 affiches de 14-18 dormir au grenier, parmi tous les documents que je possède encore sur la Grande Guerre ou Clemenceau, sans que les générations futures puissent bénéficier de son importance sociale et historique », rappelle ce Champenois.
En retraite à Richelieu, il conserve des attaches à Saint-Vincent-sur-Jard. « La démarche de mise en valeur de la Vendée m'a séduit. Ces affiches sont l'âme des poilus et du patriotisme de la nation tout entière, un vecteur d'émotions incroyables où l'on voit l'évolution de la guerre. C'était la télévision de l'époque ! ».
Au-delà de leur reflet historique sur la vie quotidienne, la propagande pour encourager les soldats, ou les appels au soutien des familles, les affiches renvoient aussi à l'art. Les plus grands artistes d'alors les ont créées, comme Benjamin Rabier, Poulbot, Hansi, Steinlein, Redon, Icart, etc. « L'une d'entre-elles, un oiseau sur une croix de bois plantée sur la tombe d'un poilu, me touche particulièrement, reprend Rémy Paillard. À Reims, on marchait sur les éclats d'obus lorsque j'étais enfant, et je me souviens avoir joué dans des tranchées avec les galopins du village. Ma mère s'était engagée volontaire comme infirmière militaire pendant la Grande guerre. Un jour, ma femme a découvert des affiches dans une vente de charité pour une école, il y a une quarantaine d'années. C'est parti comme ça. »
Rémy Paillard a alors continué inlassablement de constituer sa collection au gré des brocantes et des ventes aux enchères. Mais le collectionneur poussa sa passion jusqu'à parfois les faire nettoyer, restaurer et entoiler. Une mémoire visuelle sortie de l'oubli dont le message en dit plus qu'un long discours.
Dominique MICHONNEAU.