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Avec un analyseur, Jean-Jacques Villemot mesure les fréquences qui rayonnent près de son domicile de La Roche-sur-Yon. Trois émetteurs de téléphonie mobile sont à proximité. Aux heures de sortie des lycéens de Kastler, l'appareil s'affole. : « Comme si mon corps faisait antenne »
Un terrain idéal pour les ondes électromagnétiques, dont notre environnement domestique, de la simple cafetière au portable, et extérieur est chargé, provoquant une hyperallergie. « Avec les métaux lourds que j'ai dans le corps, c'est un peu comme si mon corps faisait antenne, explique-t-il. Problème, ces métaux perturbent mes cellules. » Un désordre généralisé et chronique, avec son cortège de symptômes récurrents, « gros coups de pompes, nausées, vertiges, oppression thoracique », etc. Jean-Jacques Villemot a mis longtemps avant de mettre le doigt sur l'origine de ces maux qui l'ont mis KO et hors course sur le plan socioprofessionnel (il est actuellement en arrêt de travail).
Portable, télé, ordinateur bannis
C'est un article paru dans une revue spécialisée qui lui a mis la puce à l'oreille. Le titre de l'article était Ondes et santé. L'auteur mettait en évidence les liaisons dangereuses et intimes entre environnement pollué par les ondes et santé défaillante. Car malgré le professeur Dominique Belpomme, qui a lancé un pavé dans la marre voilà quelques années, avec un livre retentissant (1), la France serait encore à l'âge de pierre dans ce que les Anglo-Saxons appellent « la médecine environnementale ».
Une fois acquise la certitude (après des examens médicaux) sur l'origine de ses maux, Jean-Jacques Villemot a réinventé sa vie, au risque de s'isoler, voire de se marginaliser, et de passer parfois, au mieux pour un hypocondriaque, au pire pour un original fuyant le monde actuel et le progrès, « alors que je ne suis pas contre, certains outils ont une vraie utilité ». Chez lui, il a commencé par s'aménager un nid, un peu coupé du reste de la famille. Une stratégie d'évitement. Pas de télévision ni d'ordinateur, pas de lampe de chevet mais une bougie pour lire à la veillée. A l'extérieur, il a aussi fait le ménage. Sa belle 605 truffée de technologie jusqu'à la gueule, il l'a troquée sans regret pour une vieille bagnole. Ses enfants sont également priés d'éteindre le portable à la maison.
Des symptômes disparus
Le cinéma, il n'y met plus les pieds, « pas à cause de l'écran, mais parce que dans la salle, certains ont sur eux des portables en veille ». Bref, il s'est constitué un environnement moins pollué en ondes électromagnétiques. Comme par enchantement, cette stratégie, à la limite de la paranoïa tout de même, couplée avec une médication douce, a payé, les symptômes diminuant, même si son hyperallergie reste, se réveillant à la moindre occasion. Jean-Jacques Villemot veut maintenant aller plus loin, un peu comme s'il voulait purger son corps de toutes traces de toxiques, le mettre à l'écart d'une civilisation qui serait devenue folle, car assoiffée de technologie. Il rêve d'emménager dans une « cabane », « un refuge sain », dit-il. Sans portable ni ordinateur. Mais bien dans sa peau, et en meilleure santé.
Philippe ECALLE.
(1) Ces maladies créées par l'homme, chez Albin Michel.