Édition du jeudi 28 février 2008
Réduire les impôts locaux, mythe ou réalité ?
Les impôts locaux sont-ils trop lourds à La Roche ? Des contribuables le pensent. La municipalité en place les justifie par le niveau de services offerts.
Nous poursuivons aujourd'hui notre enquête sur les élections municipales à La Roche-sur-Yon. Jusqu'au 6 mars, la rédaction se propose d'ouvrir le débat autour de différentes questions de vie quotidienne. Après avoir planté le décor, nous avons demandé aux candidats de répondre à la question du jour puis de nous présenter leurs propositions sur le thème donné. Troisième volet aujourd'hui avec les impôts locaux.
« On en a un peu marre de payer des impôts locaux exorbitants. Si la Ville s'entendait mieux avec le conseil général, on n'en serait pas là ! ». Ce « coup de gueule » fiscal d'un habitant d'une maison cossue du Pentagone met le doigt sur un sujet de débat à vif : les impôts locaux à La Roche-sur-Yon. Trop élevés ? Elevés, en tout cas, c'est indubitable (1). Un tableau régional (paru dans Dimanche Ouest-France en octobre 2007) rappelait que la taxe foncière yonnaise figure parmi les plus élevées des Pays de la Loire. Et que la taxe d'habitation, la plus sensible sur le plan social (puisque payée par les locataires) se classe en troisième position dans la région. De quoi faire bouillonner les contribuables les plus taxés. Surtout à la veille des municipales !
Un thème ultrasensible
Pour élevés qu'ils soient, les impôts locaux yonnais sont-ils trop élevés ? Ce n'est pas l'avis de la municipalité en place qui insiste sur le grand nombre de services qui « vivent » à travers cette obole publique. L'autre argument consiste à dire que la Ville fait tout pour tirer sur le frein à main : « Sur la période 1994-2007, les impôts yonnais n'ont augmenté que de 3 % », souligne Angie Leboeuf, l'actuelle adjointe aux finances. La responsable fédérale du PS de Vendée percute : « Le fait d'être une ville moyenne-préfecture impose des charges de centralité qu'on assume mais qui pèse sur nos finances ».
Où faire de véritables économies ?
Cette cherté est-elle pour autant pain bénit pour les oppositions ? Pas forcément. D'abord parce qu'on n'arrête pas un train fiscal lancé à toute vapeur d'un coup de baguette magique. Où faire de véritables économies, et à quel rythme, that is the question ? Surtout quand l'Etat en déficit rogne à peu près sur tout (compensations, dotation globale de fonctionnement, aide au fonctionnement des médiathèques, etc.)
Aborder les impôts de La Roche, c'est immanquablement déborder sur la fiscalité intercommunale. Avec tout le rififi politique qu'a entraîné l'échec du passage de communauté de communes du Pays yonnais en communauté d'agglomération. La Ville s'étrangle du peu de solidarité des autres communes et du manque de vrais projets communs. Les « petits maires », eux, ont la frousse d'être dépassés par une « usine à gaz » fiscale qui rendrait leur territoire moins attractif. C'est chacun pour soi et que La Roche (qui contribue à 78 % de son budget) « paye » pour tous.
Quel que soit le prochain maire, on est sûr qu'on va parler encore longtemps des impôts locaux yonnais dans les chaumières ! Qu'en pensent les candidats ?
Marc LAMBRECHTS.
(1) En 2008, taxe d'habitation : 22,22 % ; foncier bâti : 23,86 % ; foncier non bâti : 52,01 % et taxe professionnelle : 19,95 %.
Réagissez sur maville.com
Et vous, qu'en pensez-vous ? Les impôts locaux sont-ils trop élevés à La Roche et si oui, est-il vraiment possible de les réduire ? Réagissez sur notre site www.larochesuryon.maville.com. Vous pouvez aussi répondre aux autres questions abordées dans notre enquête : est-il possible pour un jeune ménage de s'installer à La Roche ? Quelle place doit prendre la voiture dans la ville du futur ? Votre avis nous intéresse. Retrouvez aussi notre dossier sur les élections municipales à La Roche avec la présentation des candidats, le Vidéotour, les articles sur les enjeux de la campagne et notre forum.
Ouest-France