Édition du mercredi 27 février 2008
Quelle place pour la voiture dans la ville ?
La Roche-sur-Yon affirme haut et fort sa volonté de privilégier les piétons et les vélos. Sauf que ce n'est pas si facile, ni si radical que ça.
Autant le dire tout de suite, l'organisation des transports dans une ville telle que La Roche-sur-Yon est un vrai casse-tête. Et pour une raison très simple : en essayant de faire plaisir aux uns, on fera forcément râler les autres. Les élus yonnais doivent donc jongler en permanence avec les paradoxes.
Même quand ils ont une ligne de conduite très claire : « On a voulu inverser les priorités : les donner d'abord aux piétons, aux handicapés, aux vélos, puis aux transports publics, aux camions et aux automobilistes », expliquait Michel Narioo, l'adjoint au maire chargé des déplacements, il y a quelques mois dans nos colonnes. Bien.
Un bus bloqué aux frontières
Sauf que parfois, la route paraît bien sinueuse pour arriver aux objectifs. Ainsi, la Ville vient de faire des fouilles sous la Poste et le conservatoire pour explorer la faisabilité d'un parking souterrain. Pas sûr que cela décourage les automobilistes, à l'avenir, de rejoindre le centre-ville... Pour autant, La Roche-sur-Yon ne déroule pas le tapis rouge au « tout voiture ». Exemple avec le bus. En 2005, un Yonnais a utilisé en moyenne 67 fois ce mode de transport. Soit beaucoup plus que les habitants des autres communes de moins de 100 000 habitants : eux, en moyenne, y sont montés seulement 38 fois.
Mais là aussi, le système a ses faiblesses : le réseau s'arrête aux frontières de La Roche. Les élus de la Ville et des communes environnantes n'ont pas trouvé d'accord. Sauront-ils en trouver un après les élections ? Mystère... Mais c'est un vrai frein à l'utilisation du tout voiture. Surtout pour les nombreux actifs qui ont choisi d'habiter dans les communes périphériques, en raison notamment des prix de l'immobilier. Eux n'ont pas le choix : impossible de laisser la voiture au garage pour aller travailler ou faire du shopping à La Roche. Et vu qu'il n'existe pas de parking relais en périphérie, beaucoup s'engouffrent dans le Pentagone en voiture.
Ça roule pour les vélos
Et les vélos alors ? Pour eux, l'horizon semble s'éclaircir autour du Pentagone et de la « rocade » (1). Un programme pour développer les bandes et les pistes cyclables a été voté afin d'inciter les Yonnais à aller, notamment, travailler en vélo. Un projet intéressant puisqu'il offrirait un réseau très complet. Si ce n'est que le calendrier reste assez flou. Au final, pour répondre à la question posée : « Quelle place pour la voiture dans la ville de demain ? », la réponse paraît assez claire. La voiture aura toujours une place importante dans l'avenir. Les bus auront peut-être la chance d'étendre leur circuit si une vraie volonté politique s'installe des deux côtés des frontières. Ce qui est loin d'être assuré. Et les vélos semblent promis à un avenir meilleur. Bref, c'est toute la circulation qui devrait être favorisée. Mais ces moyens de transport sauront-ils cohabiter ensemble ? C'est une autre question. À moins que tout ne soit remis en cause après les élections. La parole aux candidats.
Marylise KERJOUAN.
(1) Il s'agit d'un deuxième cercle, plus large que le tour du Pentagone, qui emprunte les boulevards menant de la patinoire à l'hôpital, en passant par la salle omnisports, la clinique Saint-Charles et la Vallée-Verte de l'Yon.
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Ouest-France