Les pêcheurs ne rentrent pas les mains vides
Des pneus incendiés devant le musée du coquillage aux Sables-d'Olonne. La journée a été marquée par plusieurs incidents dans la station. : Photo Natacha Favreau
Ils attendaient beaucoup de la rencontre hier avec Michel Barnier. Le Gouvernement a proposé des solutions pour sortir la filière de la crise. Au soir d'une journée marquée par des incidents sur le port des Sables, extraits d'une journée houleuse...
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Aux Sables-d'Olonne
José Jouneau
Le Sablais José Jouneau, président du comité local des pêches sablais, était satisfait à l'issue de la réunion avec Michel Barnier : « Les discussions ont été ardues mais constructives. On a réussi à avoir un gazole à 40 centimes le litre, tant pour les armements que pour les équipages. Pour nous, c'était inespéré d'obtenir ça. On va faire état de la rencontre ce jeudi matin devant les gars. On revient avec des choses concrètes à leur annoncer. Pour nous c'est clair on ne voit pas pourquoi on continuerait le blocus. Je pense qu'il n'y a plus de raison de le poursuivre. Maintenant, il faut voir ce que les Sablais ont en pensent. Il ne faut pas oublier que le mouvement est parti des gars ici ».
Louis Guédon
Louis Guédon, député maire des Sables-d'Olonne : « On peut dire que la réunion a été dure et fructueuse, avec des échanges loyaux entre le ministre et les représentants des marins-pêcheurs. Ils ont pu faire valoir leur désespoir et leurs préoccupations et ont senti qu'ils ont été écoutés. Les responsables des groupements maritimes ont accepté le plan d'action de 310 M€ ramené à 2 ans, même si bien sûr, ils auraient préféré plus. Comme moi, ils ont été attentifs au volet social de 40 M€ en soutien aux revenus des pécheurs touchés par la crise. Évidemment je serai plus satisfait si c'était les pétroliers qui proposaient un gazole à 40 centimes le litre, mais ce n'est pas le cas ! La journée de travail a été constructive, même si Bruxelles ne valide qu'une partie du plan d'aide à nos pêcheurs ».
L'école des pêches
Formateur à l'école des pêches des Sables, Patrick Bihan côtoie environ 80 personnes inscrites en formation initiale continue. Selon lui, ses élèves sont bien sûr « conscients du problème. Ils sont aussi conscients qu'ils ont des examens à passer. » De son point de vue, la grogne est « compréhensible. Je ne suis pas d'accord par contre quand ils disent que c'est la faute du gouvernement. Pour moi, c'est l'Europe qui est responsable. » Avec actuellement quatre lieutenants de pêche en formation, Patrick Bihan sait que la crise « ne les fera pas arrêter. Ils sont marins dans l'âme. Ce n'est pas du sang qui coule dans nos veines mais de l'eau salée... »
A L'Aiguillon
Solidarité
Hier matin, sur le port du sud Vendée, une grande partie des patrons artisans de chalutiers et de fileyeurs était en attente autour de Claude Rossignol délégué au comité local des pêches des Sables-d'Olonne. « Depuis octobre 2008, explique Olivier Morin, un marin, nous avons été menés en bateau, les aides sont vraiment dérisoires par rapport à la situation d'aujourd'hui. Ce qui est regrettable ici sur le port, c'est que les conchyliculteurs ne s'inquiètent pas de notre action. Nous pensons qu'ils viendront aussi nous rejoindre car ils seront concernés si des améliorations et des avancées sont obtenues ».
À Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Pas complètement satisfaits
Une quarantaine de pêcheurs se sont rassemblés hier sur le port à 18 heures pour prendre connaissance des premières nouvelles arrivant par bribes de Paris. « Une enveloppe de 40 millions d'euros çà va durer quinze jours, c'est minable, çà ne résout pas le problème des armements. Ce n'est pas ce que l'on veut » commentait un patron-pêcheur déçu. Une réunion est organisée ce matin à la criée. Les responsables du comité local présenteront alors l'ensemble des mesures du plan proposé par l'État.
Presse-Océan