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Un bateau de plaisance accoste le barrage des marins-pêcheurs pour tenter de discuter. Un mouvement spontané, né à la suite de la dernière assemblée générale de l'Armement coopératif artisanal vendéen, mercredi, à l'Ile d'Yeu. « Là, on nous a dit qu'il ne fallait compter sur aucune aide à l'avenir, raconte Emmanuel Hubé, patron du Manbrisa. Du coup, sur certains bateaux, les équipages ont refusé de repartir en mer. D'ailleurs, moi le premier, je ne voulais plus. »
Jusqu'à mardi au minimum
Les pêcheurs affirment que la hausse constante du prix du gazole ne leur permet plus de gagner leur vie. Autour de 25 centimes d'euros il y a cinq ans, à 40 centimes l'an dernier, le litre de carburant leur coûte aujourd'hui 68 centimes. « Les bateaux ne sont plus rentables, résume Olivier Martin, patron du Trois frères. Les patrons ne peuvent même plus payer les gars. » Ils réclament une aide de l'État pour compenser les dépenses en carburant. Et nourrissent l'espoir d'initier un mouvement de protestation d'ampleur nationale.
D'après les grévistes, le mouvement doit se poursuivre « jusqu'à mardi au minimum ». Avec un trafic maritime au ralenti en ce week-end de Pentecôte, le port de commerce ne devrait guère pâtir de ce blocage. Le port de plaisance, lui, est en revanche touché de plein fouet. « Nous avons beaucoup de gens qui sont descendus de Paris pour le week-end et qui voudraient naviguer, admet-on à la capitainerie, mais on ne peut rien faire. On essaie juste de jouer les médiateurs. » Dans l'après-midi, plusieurs navires qui voulaient rentrer au port ont fait le pied de grue devant les chalutiers. Certains, partis le matin pour une balade familiale en mer, ont été contraints d'accoster à quai par nécessité : « On est parti vers 9 h, à six adultes et trois enfants, dont un bébé de six mois, raconte Jean-Marie Mellec, un plaisancier. Mais quand on est revenu, impossible de rentrer. Ce n'était pas négociable. Les femmes et les enfants sont descendus à terre. Nous, on n'a plus qu'à attendre. »
Le député-maire UMP des Sables-d'Olonne, Louis Guédon, s'estime « en phase avec le mouvement des marins-pêcheurs » et « soutient leurs demandes ». Également président du groupe d'études mer et pêche à l'Assemblée nationale, il affirme travailler sur le sujet et se fera « l'avocat des marins, mardi 20, lors d'une rencontre avec Michel Barnier », ministre de l'agriculture et de la pêche. Et le blocage du port ? « Les méthodes d'action des pêcheurs leur appartiennent », conclut l'élu.
Ruddy GUILMIN.