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Edmond Babin et Danielle Laumont, de la Feve, montrent leurs découvertes hier, sur un site d'épandage. Brosses à dents, bouchons...
Sur place, 40 tonnes « odorantes » provenant de l'usine du Taffeneau, au Château-d'Olonne. Depuis quinze jours, un champ de blé a été enfoui sous un couvert végétal. Un autre est maculé de compost mais pas encore recouvert. Deux autres tas attendent ; un près de la ferme et un autre dans un autre champ. « Selon notre calcul par rapport aux analyses réalisées sur un épandage précédent, 18 tonnes sont des corps étrangers », soulignent Daniel Jaulin, trésorier, et Danielle Laumont, vice-présidente. Corps étrangers comme brosses à dents, cartouches, bouchons, fils de fer non éliminés par le tri...
« Cela met près de 300 ans à se dégrader. C'est une bombe à retardement pour l'environnement », déplore Edmond Babin. Une loi de juillet 2006 a interdit l'épandage des ordures brutes broyées. Mais une tolérance perdure jusqu'au 2 février 2009. La chambre d'agriculture a décidé, en mars, la fin de ces épandages. Le collectif reproche à Trivalis le non-respect de ce même engagement, pris le 26 juin lors d'une réunion.
L'agriculteur avoue être conscient « que ce n'est pas inoffensif », mais invoque la raison économique. Les engrais chimiques coûtent trop cher et il a opté pour la solution l'hiver dernier. Il a été livré en août.
Vers la Mayenne
Didier Thietry, directeur de Trivalis, se défend : « La dernière livraison de compost par notre prestataire a eu lieu la semaine dernière. Il n'y en aura plus au milieu agricole. L'agriculteur dispose d'un délai pour enfouir, après s'il ne le fait pas... ».
Il confirme que la décision a été prise par les élus de Trivalis le 26 juin, pas avant faute d'élections. « Nous avons décidé que le compost issu des anciennes usines de traitement des ordures ménagères vendéennes - comme celle du Taffeneau - ne serait plus valorisé, au plus tard le 30 septembre. » Désormais, le compost non valorisé sera temporairement acheminé vers le centre d'enfouissement technique de Changé en Mayenne (capacité de 800 tonnes), par l'entreprise Séché. « Une solution provisoire dans l'attente des nouvelles usines de tri mécano biologique en Vendée », rappelle le directeur. Elles devraient être opérationnelles fin 2010, à Saint-Christophe du Ligneron et au Taffeneau.
Pierrick HAMON.