Les entreprises cotées en bourse dans l'attente
Dans la morosité boursière actuelle, Fleury-Michon espère passer l'écueil en se concentrant sur la réalité tangible de son marché. Photo : Archives Ouest-France.
Les cours de Bénéteau, Fleury-Michon et VM matériaux ont fortement chuté en Bourse. Dans la bourrasque, les trois entreprises vendéennes cotées font le dos rond.
Pas facile, pour une entreprise connue, d'être cotée en Bourse en ce moment. Les trois vendéennes dans ce cas, Bénéteau, Fleury-Michon et VM matériaux, ont dévissé comme les autres, emportées par la tourmente. Depuis janvier, les actions de Bénéteau (côté au SRD, 1er marché des valeurs françaises) et VM matériaux (sur le second marché Eurolist hors SRD) ont perdu plus de la moitié de leur valeur. Celles de Fleury Michon (Eurolist hors SRD) sont sur la même pente glissante.
Inutile de dire qu'on cogite dur dans les états-majors de ces trois poids lourds de l'économie du département. Chez les uns comme les autres, l'urgence est de plier et ne pas rompre. De faire le dos rond, en un mot. Bénéteau (3 500 salariés, 1,094 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2008, nautisme et maisons de loisir) s'en tient au dernier communiqué financier et ferme les écoutilles, se bornant à indiquer que « comme chaque année, elle attend la fin des salons d'automne pour communiquer ».
S'arc-bouter sur ses fondamentaux
Chez Fleury-Michon (3 300 salariés en Vendée, 492 millions de chiffre d'affaires en 2007, plats cuisinés, surimi, etc.), on s'applique à ne pas paniquer : « Même si les marges sont un peu moins fortes, on voit que nos volumes sont bons sur notre marché », indique Stéphane Petit, chargé de communication. Le géant agroalimentaire de Pouzauges est certes « préoccupé » par la crise financière majeure du moment mais s'appuie sur ses fondamentaux pour rester droit dans l'ouragan qui balaie la finance mondiale : « Nous avons la chance d'être sur des produits de ??fonds de réfrigérateur'' », indique Stéphane Petit. Lequel rappelle au passage que l'essentiel du capital est détenu par la famille Gonnord et « pas par des fonds de pension ».
VM matériaux(2 800 salariés, 660 millions d'euros de chiffre d'affaires attendus en 2008, distribution de matériaux de construction) s'arc-boute aussi sur ses fondamentaux : « C'est vrai que la crise financière génère le gel de beaucoup de transactions immobilières mais le besoin est là, bien réel. Il y a un stock de 500 000 logements à construire », réfléchit Alain Marion directeur général et financier de VM matériaux. Reste à « tenir » en attendant l'accalmie : « Aujourd'hui, on observe la crise financière. Elle risque surtout de pénaliser le financement des entreprises, notamment des PME. D'ailleurs, nous-mêmes allons faire un tri dans nos investissements. On va se concentrer sur ceux qui auront un retour rapide », poursuit Alain Marion. Et, comme chez Fleury-Michon, la société de L'Herbergement met bien en avant que son capital est détenu à 60 % par la holding familiale et à 5 % par les salariés.
Marc LAMBRECHTS.
Ouest-France