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Un léger mieux a été observé dans la filière apicole. Mais les apiculteurs redoutent l'arrivée d'un nouvel insecticide, le Cruiser, qui pourrait être utilisé dès cette année en France. Car un nuage est à peine dissipé qu'un autre semble pointer le bout de son nez. Ce nouveau nuage a un nom, c'est le Cruiser (fabriqué par Syngenta), un insecticide utilisé sur le maïs. Considéré par les apiculteurs comme une sorte de « clone » du Gaucho et du Régent, il est utilisé en Italie, « et les dégâts sur les colonies d'abeilles sont considérables », s'inquiète Franck Alétru.
« Les fleurs sont saines »
L'apiculteur de Saint-Laurent-de-la-Salle est d'autant plus inquiet « que l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a d'ores et déjà recommandé la plus grande des prudences dans l'utilisation de cet insecticide ». Mais les apiculteurs ne se résignent pas, convaincus que l'amélioration sanitaire dans les ruchers ne peut être durable qu'à la condition de réduire l'usage de certains produits phytosanitaires. Or, depuis quelques années, ils ont constaté un léger mieux, et ne souhaitent pas voir leurs efforts anéantis.
Premier signe de bonne santé, la mortalité des abeilles qui baisse, en Vendée, « mais aussi un peu partout en France », constate Franck Alétru, « alors qu'un peu partout dans le monde, les disparitions sont massives ». « Si les abeilles sont plus saines, c'est parce que les fleurs sont saines », ajoute-t-il. Malgré ce contexte favorable, les producteurs de miel ne parviennent pas à satisfaire la demande des consommateurs français. Les apiculteurs français produisent en effet 16 000 tonnes par an, alors qu'un peu plus de 42 000 tonnes sont englouties chaque année. Ce qui laisse de la place au miel des pays de l'Est ou d'ailleurs. « Alors que la flore est disponible, se désole Franck Alétru, certains exploitants de vergers, par exempledans le Val de Loire, ne trouvent pas de ruches pour la pollinisation. »
Philippe ECALLE.
(1) Cet été, une mortalité soudaine a frappé des milliers de ruches, dans le sud-Vendée. L'enquête avait permis d'interpeller deux agriculteurs, qui avaient traité leurs cultures avec un insecticide sans respecter les consignes de prudence. L'enquête serait quasiment achevée.