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En France, 38 % des aides à domicile ont un salaire conventionnel inférieur au Smic. Isabelle Ageneau gagne 8,64 € de l'heure (le Smic est à 8,71 €). « Mon salaire n'a pas évolué depuis cinq ans », déplore-t-elle. Les salariées subissent également la forte augmentation du prix du carburant. La faiblesse des rémunérations porte préjudice aux soins à domicile, assurent-elles, en particulier pour la valorisation des emplois, le recrutement, la fidélisation des salariés. « On rencontre des soucis pour retenir le personnel. Mais on a aussi du mal à recruter, tellement les salaires sont bas. Cela constitue un gros frein pour faire venir des jeunes », souligne Odile Pineau.
« Paradoxe »
L'argent est bien le nerf de la guerre. Isabelle Ageneau ne peut suivre de formation, parce que le quota de salariées diplômées, fixé par la fédération des ADMR, est atteint aux Herbiers : une vingtaine d'aides à domicile, sur les 55 que compte l'ADMR local. Le diplôme d'État d'auxiliaire de vie sociale (DEAVS) est pourtant synonyme d'« un salaire plus conséquent ». Mais trop coûteux pour la fédération. Certaines aides à domicile déjà diplômées, qui se présentent pour une embauche, se voient ainsi refoulées.
En juin, une réévaluation salariale a bien été négociée avec les partenaires sociaux, mais l'agrément du gouvernement tarde à arriver. « On attend toujours », lâche Joseph Ageneau, président de l'ADMR des Herbiers. « Un paradoxe » alors qu'aujourd'hui, les personnes âgées souhaitent, de plus en plus, rester chez elles, et que les services à domicile se développent. Véronique Besse, vice-présidente du conseil général, a tiré la sonnette d'alarme, réclamant « la reconnaissance d'un accompagnement personnalisé de proximité, indispensable dans nos communes ». La Vendée compte actuellement 2 500 aides à domicile.
« L'aide à domicile est moins reconnue qu'une aide-soignante ou une infirmière, regrette Odile Pineau. Alors qu'on est des intervenants complémentaires. » Âgée de 80 ans, Odile Joutaud, qui vit dans le Petit-Bourg aux Herbiers, confirme : « Sans elles, je n'aurais pas pu rester chez moi. Je serai en maison de retraite. »
Christian MEAS.