Le tribunal confirme l'élection du maire
: Ouest-France
Le recours a été rejeté. Les trois colistiers de Michèle Peltan ont donc perdu la bataille. Mais elle aura mis au jour une division dans leur propre camp.
C'est fini. Pierre Regnault restera bien le maire de La Roche-sur-Yon. Ainsi en a décidé le tribunal administratif qui a rendu sa décision mercredi. Si ce n'est pas une surprise, vu le rapport du commissaire au gouvernement lors de l'examen de l'affaire fin septembre (voir Ouest-France du vendredi 26 septembre), c'est en revanche une vraie déception pour les requérants, non élus, de la liste menée par Michèle Peltan (Nouveau centre). Pour rappel, ils mettaient en cause l'utilisation du bulletin municipal à des fins de promotion du maire, des irrégularités d'affichage, des comptages suspects, des pressions sur les personnes âgées, etc.
« Lorsque nous lisons, dans les conclusions du commissaire du gouvernement, que des preuves auraient pu porter leurs fruits mais qu'elles ont été déposées tardivement, nous avons une profonde amertume », soulignent Madeleine David, Jean-Marc Forge et Sylvie Durand. Ils poursuivent en expliquant que ce recours a été formé « sur la base de témoignages oraux venant de la liste ou d'autres provenances. Ces témoignages ont été recueillis à chaud, mais par la suite certains témoins se sont dérobés ». Ils ont décidé de ne pas faire appel.
« La Roche mauvaise perdante »
Si un homme se satisfaisait hier de cette décision, c'est bien évidemment Pierre Regnault, qui reprend les mots du commissaire du gouvernement selon lequel « il n'y avait pas le commencement d'un début de preuve ». Jusqu'ici, le maire socialiste n'avait pas souhaité s'exprimer sur le recours. Plus maintenant : « Cette liste aurait méritée de s'appeler « La Roche mauvaise perdante » au lieu de « La Roche gagnante ». Car personne n'est dupe. Ce recours était bien cautionné par la tête de liste. C'est encombré la justice pour rien. C'est un non-événement ».
Et finalement, alors que la conseillère municipale Michèle Peltan n'était pas impliquée dans la procédure, c'est vers elle que convergeaient tous les regards hier. Y compris ceux de son propre camp : « Félicitation à Michèle Peltan qui disait encore il y a peu à l'une d'entre nous qu'elle souhaitait l'échec de ce recours », déclarent les trois plaignants.Une première flèche, avant d'en lancer une deuxième, teintée d'ironie : « L'opposition conserve son leader qui, n'habitant plus La Roche, sera plus représentative de ses habitants. »
Finie la belle union, l'heure est maintenant à la discorde publique. Souhaitant dans un premier temps répondre à ces attaques, Michèle Peltan est finalement restée injoignable dans la soirée.
Marylise KERJOUAN.
Ouest-France