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Un détenu en a fait l'expérience récemment. C'était le 28 juin dernier. Pourtant à quelques jours de sa libération, un détenu pète un peu les plombs et agresse un surveillant. Pas méchant. Mais impossible de laisser passer. La sanction tombe : le mitard. En clair, un régime de promenades et de parloirs allégés (1), mais surtout, pas de télé, la cellule disciplinaire étant la seule à ne pas disposer de petit écran. Pour les détenus, l'absence de télé, c'est un peu le cauchemar. Pas pour tous, certes, car certains préfèrent bouquiner ou tout simplement se reposer. Logique, estime Philippe Garreau. « Parce que la télé est un excellent moyen de combattre l'ennui. » « Et puis, ça permet de chasser les idées noires », complète le directeur de la maison d'arrêt.
« Plus de 12 heures par jour devant l'écran »
Du côté des surveillants, on reconnaît aussi des vertus à la télé en maison d'arrêt, une en particulier. « La télé a fait baisser, de façon assez spectaculaire, le nombre des conflits, et même la violence », analyse William Choquet, secrétaire de l'Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap). Pour Bertin Mouopock Dom, la télé, sorte de cordon ombilical avec l'extérieur, permettrait aussi « de se préparer à la sortie en conservant une fenêtre sur le monde ». Pour l'Ufap, l'argument est peut-être un peu excessif. « Quand on voit des détenus regarder la télé jusqu'à plus de 12 heures par jour, je ne suis pas sûr que ça les prépare vraiment à la sortie. »
Pour lui, le vrai chemin vers la réinsertion reste le travail. « Un gars qui se lève tous les jours à 7 h, et qui embauche à 8 h, c'est un gars qui à la sortie, peut se réinsérer plus facilement. » Problème : en prison, plus encore qu'en centrale, le travail manque. A cause de l'architecture des prisons. Souvent vieillottes, elles ne sont plus adaptées aux réalités d'aujourd'hui. La détention aujourd'hui doit préparer à la sortie, alors qu'à une époque, elle n'était pensée que comme le moyen d'écarter les auteurs de délits et de crimes. Sans envisager l'après-détention. Une faille que l'on paie encore (2). Sans locaux et/ou ateliers pour travailler, s'occuper ou apprendre, les seules échappatoires des détenus restent les promenades, un peu de sport, les parloirs. Et la télé.
Philippe ECALLE.
(1) Il y a encore quelques semaines, le « mitard » était synonyme de suppression pure et simple de parloirs. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
(2) L'an prochain, un programme de fermeture de certaines maisons d'arrêt doit être annoncé. Il est très possible que celles de La Roche-sur-Yon et de Fontenay-le-Comte soient concernées.
La maison d'arrêt de La Roche-sur-Yon, c'est 28 surveillants pour une centaine de détenus.
et des parents jugent inefficace le nouveau dispositif de soutien scolaire.
Ouest-France