La pêche aux aides sera-t-elle miraculeuse ?
Hier matin, les marins pêcheurs de Saint-Gilles étaient devant la préfecture de la Vendée pour exprimer leur ras-le-bol face à la flambée du prix du gazole. : Photo C. Blondeel
Hier matin, les pêcheurs de Saint-Gilles-Croix-de-Vie ont fait part aux « terriens » de la grogne qui ronge la façade Atlantique. À la veille de la rencontre de certains de leurs représentants avec le ministre de la Pêche Michel Barnier, ils ont, avec une action devant la préfecture, insisté sur les espoirs qu'ils nourrissent sur cet échange.
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Une épaisse colonne de fumée noire s'est élevée très tôt hier matin au coeur de La Roche-sur-Yon. Comme les Sablais le font depuis près d'une dizaine de jours, les marins-pêcheurs gillocruciens ont « cramé » hier des dizaines de pneus sur la chaussée vendéenne.
Réunis dès 6 h du matin devant la préfecture à La Roche-sur-Yon, ils ont allumé plusieurs foyers. Des foyers « bien » entretenus jusqu'à ce qu'ils soient reçus deux heures plus tard par le préfet Thierry Lataste pour lui demander de faire remonter en plus haut lieu l'urgence de la situation.
Le pire est-il à craindre ?
Alors que des représentants des marins pêcheurs rencontrent ce matin le ministre de la Pêche, Michel Barnier, quel intérêt y avait-il à mener une action la veille ? « Nous avons souhaité maintenir la pression », affirme Fred, un matelot mécanicien de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Comme une cinquantaine de collègues du même port, celui-ci assure que « ce n'est rien par rapport à ce que l'on pourra faire si la rencontre aujourd'hui à Paris n'apporte rien ». Justement, qu'attendent-ils ces pêcheurs quand hier matin, le ministre de la Pêche lui-même évoquait, à la radio, la volonté d'accélérer les aides prévues (1) pour pallier à la hausse du gazole ?
« Il n'y a pas cinquante solutions pour que l'on continue à pouvoir vivre, reconnaît le matelot, mais il faut absolument trouver le moyen de nous maintenir de façon régulière le prix du litre de gazole entre 30 et 35 centimes d'euros. » Soit moitié moins cher que le prix payé ces derniers jours encore.
« Pas de chèques en bois »,
prévient le ministre
La tâche pour y parvenir semble très délicate. Michel Barnier a certes promis d'aller à la limite du budget, il a également précisé ne pas vouloir faire de « chèque en bois aux pêcheurs français ». L'éclaircie est peut-être venue de Bruxelles. La Commission européenne a en effet donné son accord de principe à la mise en place immédiate d'une partie du plan d'aide que veut mettre en place la France pour aider ses pêcheurs. La principale mesure prévue par le plan n'a cependant pas encore reçu de feu vert. Cette mesure prévoit à elle seule une enveloppe de 230 millions sur trois ans pour moderniser, restructurer et assurer la viabilité de la flotte de pêche française, sur un plan d'aide global qui prévoit 310 millions d'euros au total. Marietta Trichet, conseillère générale du canton de Saint-Gilles, estime urgent « que la Commission européenne réexamine ses positions bien souvent dogmatiques en matière de politique de pêche et reconnaisse la spécificité et les contraintes du métier de marin pêcheur ».
Une flotte de plus en plus réduite
Comme d'autres ports en France, celui de Saint-Gilles-Croix-de-Vie a vu sa flotte aller petit à petit vers le fond. Il y a trois ans, la flottille girase comptait 17 paires de « gros » bateaux. Aujourd'hui, elle n'en compte plus que quatre paires. Au terme de l'entrevue avec le préfet, d'ailleurs peu rassurante selon eux, les pêcheurs de Saint-Gilles ont regagné leur port en menant, cette fois, une opération escargot sur la route.
Cédric Blondeel
(1) Pour rappel, le gouvernement avait annoncé un plan d'action en janvier dernier.
Presse-Océan