Installé dans le quartier Saint-André, Arnaud, 32 ans, emprunte chaque jour matin et soir la passerelle de la gare. Cet étudiant attend avec impatience l'ouverture de la nouvelle passerelle, en avril.
« Il y avait urgence ! Aujourd'hui, beaucoup de personnes âgées peinent à monter les escaliers. La prochaine, qui sera couverte et équipée d'un ascenseur, sera moins dangereuse », explique Arnaud.
Rodolphe, coiffeur, ne tarit pas d'éloges, lui aussi.
« Avec son air futuriste, la nouvelle passerelle va redynamiser ce quartier, qui en a bien besoin ». Octave, patron d'un café boulevard Louis Blanc, est moins enthousiaste.
« J'aurais préféré qu'elle passe sur le toit de la gare. La vue aurait été plus belle pour les usagers », estime ce cafetier.
Malgré la mise en place de navettes (
lire par ailleurs), de nombreux Yonnais regrettent le décalage entre la fermeture de l'ancien ouvrage et l'ouverture du nouveau. «
On aurait dû s'arranger pour que les deux coïncident. D'autant qu'il n'y a pas de navettes le week-end. Les gens qui veulent se rendre du boulevard Leclerc en centre-ville devront faire un crochet par le tunnel, à quelques centaines de mètres de là », tempête Vincent, enseignant.
Des horaires jugés insuffisantsDéfinis en fonction des arrivées et départs des trains en gare et des flux de passage actuels sur la passerelle, les horaires de la navette ne font pas l'unanimité.
« Les riverains de la rue du Val d'Ornay seront coupés du centre-ville, en début d'après-midi, puisqu'il n'y a pas de minibus. Les plus pénalisées seront les personnes âgées et celles qui n'ont pas de voiture », regrette Michelle, retraitée. Une «
coupure
» qui n'inquiète pas Corinne, la patronne du café Le Vincennes, boulevard Leclerc.
« Peu de clients viennent du centre-ville. Nos habitués continueront à venir », confie cette jeune femme.
Jacques, résidant dans le quartier de Villebois-Mareuil, s'interroge sur le comportement de certains riverains.
« Le danger, c'est que des gens, pour gagner du temps, prennent un raccourci en traversant directement les voies ferrées, malgré l'interdiction. C'est déjà arrivé, lorsque la passerelle avait été fermée provisoirement », estime ce photographe de 49 ans. Un grillage sera installé autour des voies et la zone sécurisée, pour dissuader les imprudents.
Élisabeth PETIT.