La maison bioclimatique conserve la chaleur
Il fait gris, mais la maison a gardé la chaleur captée la veille... C'est lun exemple de maison du futur : économe et accessible en fauteuil !
Denis Bulteau a réduit sa facture énergétique tout en respectant l'architecture régionale. Le style traditionnel, très présent dans les lotissements, coûte souvent cher à chauffer.
L'énergie la moins chère est celle que l'on ne dépense pas. Depuis trois ans, à La Mothe-Achard, Denis Bulteau vérifie l'adage : sa maison, suivant les principes de l'architecture bioclimatique, capte un maximum de chaleur solaire, par le biais d'ouvertures vitrées bien orientées... et la garde !
L'objectif avait du coeur : « Je voulais que ma mère, âgée, se plaise dans la maison, d'où le choix du traditionnel. Il fallait aussi que mon frère handicapé puisse se chauffer confortablement. » Brique spécifique pour une isolation « respirante », ouvertures bien exposées, isolation, garage au nord pour faire tampon l'hiver... Bingo : construite sur 115 m2 avec 133 000 € (hors terrain et raccordements), cette maison consomme environ 100 kWh/m2/an (1). On est encore loin de la véritable maison économe en énergie, qui ne consomme que 42 kWh/m2/an, mais c'est déjà très bien : une maison récente « ordinaire » « brûle » environ 150 kWh/m2/an !
Les « limites » du traditionnel
Émile, son frère, qui vit dans la maison, apprécie la lumière de la pièce de vie l'hiver. Il précise : « L'été, on ferme les volets pour éviter qu'il fasse trop chaud : ça marche très bien. » Son frère aurait aimé lui simplifier la tâche en installant des débords de toiture : pour laisser passer les bas rayons de l'hiver, mais pas ceux du haut et trop chaud soleil d'été.
Le hic ? En Vendée, pour la maison d'inspiration traditionnelle, ces débords de toiture sont réservés aux seules maisons balnéaires. « Nous devons trouver des compromis entre ceux qui voudraient se cantonner à la pseudo-bourrine et ceux qui iraient jusqu'à implanter du chalet normand à colombage... », défend le CAUE (2).
La nécessité écologique et économique ne mériterait-elle pas quelques assouplissements ? Le directeur du CAUE, Marc Coutereel, préfère un changement de style radical : « Les lignes contemporaines permettent de faire des maisons réellement économes, belles, pratiques, qui savent s'intégrer dans le paysage mieux qu'une maison traditionnelle « traficotée ». »
Bonne nouvelle pourceux qui ne sont pas encore tombés sous le charme : « Les contraintes énergétiques vont sans doute libérer la pensée architecturale, y compris dans les lotissements. »
Claire HAUBRY.
(1) Retrouvez le témoignage de Denis Bulteau sur http://semecol.free.fr/temoignage/particul1.htm.
(2) Conseil en architecture, urbanisme et environnement de la Vendée.
Ouest-France