Dossier

Les municipales dans votre ville

Édition du mardi 04 mars 2008

La guerre Ville/Département nuit-elle aux Yonnais ?

Depuis 20 ans, les rapports sont tendus entre le Département villiériste et la Ville socialiste. Au point de pénaliser les Yonnais ? A voir.

Nous poursuivons aujourd'hui notre enquête sur les élections municipales à La Roche-sur-Yon. Jusqu'au 6 mars, la rédaction se propose d'ouvrir le débat autour de différentes questions de vie quotidienne. Après avoir planté le décor, nous avons demandé aux candidats de répondre à la question du jour puis de nous présenter leurs propositions sur le thème donné. Septième volet aujourd'hui avec les relations entre la Ville et le Département.



Ville socialiste et Département de droite sous forte influence MPF se livrent une guerre de 20 ans sans merci. Sur le dos des habitants et au détriment du développement de la ville centre ou de la Vendée ? Pas si sûr. Si les deux collectivités donnent l'impression de casser de la vaisselle, elles ne jettent jamais par terre la porcelaine de famille.

Pas folles les guêpes. Elles n'ont jamais pris le risque de freiner le train du développement : TGV, autoroutes, les hommes forts du département, Jacques Auxiette à gauche et Philippe de Villiers à droite, ont toujours su se mettre autour d'une table. C'est entre ces deux fortes personnalités que les étincelles ont le plus crépité et crépitent encore. De Villiers moquant l'enseignant défenseur idéologue de la laïcité. Auxiette, le président de Région socialiste, fustigeant l'homme « de la droite extrême ». Des postures verbales qui ont bien servi le destin politique de l'un comme de l'autre.

Une guerre plus feutrée ?

A l'époque, tous les coups étaient permis. Pour ne citer que quelques piques, les deux clans se sont gentiment « frités » sur la réfection du gymnase Herriot, sur les Spectacles de Vendée « interdits » de ville-préfecture. L'absence de subvention départementale à la Scène nationale du Manège a aussi alimenté la zizanie. L'ex-directeur du Manège, Daniel Ramponi, avait même été traîné devant les tribunaux pour avoir signé un éditorial cinglant sur le sujet.

Les temps changent-ils ? Certes, en mars 2005, voici trois ans, le conseil général a encore débordé la municipalité sur le contrôle du haras. La Ville a poussé des hauts cris avant de trouver, peu à peu, les bases d'un accord. Le Département a accepté de mettre la main au portefeuille sur le dossier de l'hippodrome des Terres-Noires en échange d'un cessez-le-feu juridique.

On continue toujours à s'envoyer des noms d'oiseaux mais la guérilla perpétuelle finit par lasser les assaillants. Peut-être aussi parce qu'un Pierre Regnault, maire PS de La Roche et conseiller général de La Roche-sud, s'est résolu, au fil du temps, à adopter une approche moins frontale que Jacques Auxiette. Non par mollesse. En témoigne son niet sec et sans appel à une subvention yonnaise aux travaux sur la rocade nord il y a un an et demi. Mais le souci de ne pas trop tirer sur l'élastique fiscal l'amène à ne pas aller trop loin.

Bagarre autour de la Roche

Au final, ces jeux florentins, ces « chantages à la subvention » (avérés ou non) ne font qu'exacerber les rapports de force politiques. Le Département rêve de « faire tomber » La Roche la rose. Après le canton la Roche-nord « chipé » au MPF Philippe Darniche, La Ville arracherait bien à la mainmise de de Villiers le canton Roche-sud.

Les Yonnais, les Vendéens, eux, regardent, désabusés, les obus pleuvoir d'un camp à l'autre. Pestant, comme ce dirigeant sportif, contre « ces deux camps qui vous mettent la pression, dès que vous commencez à discuter avec l'autre ». Le monde économique, lui, a pris depuis longtemps l'habitude de regarder ailleurs.

Ne pas rêver : un grand club départemental de football à La Roche, symbole d'un dégel total, est, en l'état, une douce utopie. Mais sur l'essentiel, de Villiers et Regnault sont sur la même ligne : tout faire pour le développement et l'emploi en Vendée. Tout en n'hésitant pas une seconde à s'égratigner l'un l'autre à la moindre montée d'adrénaline. Au nom du bon vieux temps !



Philippe ECALLE et Marc LAMBRECHTS.
Ouest-France

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