La démolition du blockhaus respecte une trêve
Une pelle mécanique équipée d'un brise-roche érode le blockhaus. :
Le vestige de la dernière guerre se trouve sur le site d'une future résidence à la Chaume. Le boucan engendré par sa destruction a cessé, le temps de la saison.
Clac-clac-clac-clac. Le bruit lancinant du brise-roche hydraulique (BRH) sur la paroi du blockhaus rythmait les journées des riverains à l'angle de la rue du Sémaphore et de la route Bleue. Jusqu'à vendredi dernier. C'est qu'il en faut des coups et des coups pour venir à bout de l'épaisse carapace du bâtiment : quatre-vingts centimètres de béton bourré de ferraille. « On a mis un jour et demi pour passer à travers », raconte Fabrice Blanc, patron d'une entreprise de travaux publics, à Sainte-Foy, qui s'attaque à son premier blockhaus. Place nette doit être faite sur un terrain où s'élèvera une résidence de 17 appartements.
Le BRH est un outil régulièrement utilisé en démolition. « Il fait vibrer et exploser le béton. » C'est ça ou faire sauter le blockhaus avec les dégâts collatéraux qu'on imagine.
Travaux suspendusjusqu'en septembre
L'entreprise a bien conscience de la gêne auditive que son emploi procure. De ce fait, elle a limité son intervention entre 9 h et 18 h. « La saison démarre. J'ai des locataires qui arrivent. Comment vont-ils pouvoir supporter un tel boucan pendant leurs vacances ? », s'inquiétait pourtant une voisine qui a contacté la mairie. Effectivement, les travaux effectués sur la voirie doivent être stoppés entre le 15 juin et le 15 septembre. Par contre, ceux qui se passent sur une emprise privée ne sont pas soumis à la même obligation. Les responsables du projet ont, néanmoins, accédé à la demande des riverains. La démolition ne reprendra que le 8 septembre.
Le petit blockhaus (il fait moins de 60 m2) est un « encuvement sur abri-soûte », décrit Benoît Boucard qui a recensé 160 de ces maillons défensifs entre Olonne et Talmont-Saint-Hilaire. L'encuvement est la partie supérieure où était installée la pièce d'artillerie. Il y a deux pièces en dessous, l'une pour le cantonnement des servants, l'autre abritant la réserve de munitions. « Il n'a rien d'exceptionnel, sinon qu'il est le seul qu'on peut apercevoir de toute sa hauteur. Les autres sont semi-enterrés. » Sa destruction va demander encore une dizaine de jours, en septembre. Si les murs font 80 centimètres d'épaisseur, le toit, lui, est recouvert d'1,50 m de béton armé et le plafond est constitué de poutrelles en acier. Ces blockhaus, construits en 1942 et 1943, étaient faits pour résister. Ils le prouvent.
Ouest-France