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Le lit se creuse discrètement sur plusieurs kilomètres entre des rangées de peupliers droits comme des i, passe sans détour sous la quatre-voies La Roche-Montaigu, au sud de Belleville, et va serpenter par le nord du bourg du Poiré... sur-Vie ! Une des communes les plus vastes du département (la 4e).
La Vie ressemble alors à une couleuvre en pleine digestion, souvent mince filet en été, et s'offre en de beaux panoramas, comme sous le village de Montorgueil, dernier camp du fameux général vendéen Charette, où serait enfoui son trésor en lingots d'or...
« Le fleuve n'a pas été saccagé tout en se situant dans une forte zone d'activité agricole ! C'est peut-être ça son trésor », se félicite Auguste Guillet, président du Syndicat des eaux de la haute vallée de la Vie, et habitant de Montorgueil, village de vingt feux.
La volonté de l'homme
C'est sur la route Aizenay-Challans que la Vie se donne dans une belle largeur, avec les eaux de la queue du barrage d'Apremont. Là, une frayère a été installée et un cormoran noir s'affiche souvent, tel un symbole, sur une branche rescapée de l'immersion de cette vallée en 1964. L'automobiliste dispose d'ailleurs d'un parking pour profiter de ces lieux.
Mais c'est dans le bourg d'Apremont même que la Vie semble la plus soumise à la volonté de l'homme. Outre le barrage et l'usine d'eau potable, le château Renaissance semble la tenir à sa merci, avec cette voûte cavalière qui permit à Louis XIII de franchir les lieux les pieds au sec et d'arriver directement à cheval dans la cour du château, en 1622.
Dolbeau, Saint-Maixent... sur-Vie, le Pas Opton sur la route Challans-Les Sables... Ce fleuve poissonneux ne devient salé qu'après avoir été régulé par les écluses des Vallées, en arrivant dans les marais salants de Saint-Hilaire-de-Riez. Ses méandres vont alors en s'élargissant pour arriver à l'embouchure qui sépare Saint-Gilles de Croix-de-Vie, autrefois deux communes différentes, réunies en 1967, et reliées par le pont de la Concorde, que double une passerelle pour piétons et cyclistes.
L'embouchure s'élargit alors dans un dernier méandre, avec le Jaunay qui s'y jette au sud, avant la pointe de la Garenne. Les ports de plaisance et de pêche, la gare SNCF, un ultime crochet et la Vie peut alors se livrer à l'océan Atlantique, après avoir parcouru 62 km.
Philippe GILBERT.