Édition du lundi 03 mars 2008
La Roche fait-elle face au défi de l'emploi ?
Taux de chômage honorable, des zones industrielles mais pas d'implantation majeure depuis longtemps : la Ville crée t-elle assez d'emplois ?
Nous poursuivons aujourd'hui notre enquête sur les élections municipales à La Roche-sur-Yon. Jusqu'au 6 mars, la rédaction se propose d'ouvrir le débat autour de différentes questions de vie quotidienne. Après avoir planté le décor, nous avons demandé aux candidats de répondre à la question du jour puis de nous présenter leurs propositions sur le thème donné. Cinquième volet aujourd'hui avec l'état de l'emploi à La Roche-sur-Yon.
L'économie yonnaise est-elle vaillante ? La réponse mérite d'être nuancée. Globalement, l'emploi ne va pas trop mal (1). A l'image de la Vendée, le taux de chômage (5,7 % en Vendée, 5,8 % dans le bassin d'emploi yonnais à la fin 2007) y est nettement plus bas qu'en France. En Vendée, c'est même le deuxième secteur géographique d'activité, après le Bocage herbretais. Pas mal pour une ville-centre qui supporte l'essentiel de l'habitat social.
Mais impossible de tresser une couronne à la seule commune de La Roche. C'est aujourd'hui un bassin d'emploi intégré à son pourtour de communes du Pays yonnais. Les grandes entreprises pourvoient indifféremment de l'emploi sur la commune yonnaise (Fagor Brandt, Michelin, Atlantic, Sepro, vérandas Rideau, etc.) qu'à touche-touche sur une commune mitoyenne (Cougnaud à Mouilleron, Akena à Dompierre-sur-Yon, Serta et Bénéteau au Poiré-sur-Vie et à Belleville-sur-Vie) . Et que dire du jeu des zones intercommunales (La Landette, Beaupuy, Bell) qui brouille les cartes...
Sur La Roche même, depuis 20 ans, ce sont surtout de petites PME qui sont à l'origine de la plupart des nouveaux emplois. A l'image de la société de services qu'est devenue la France, l'initiative privée a pris le relais de secteurs en recul comme l'électroménager (crise d'Elfi-Brandt en 2001) ou du textile (les friches de Big Chief sont aujourd'hui occupées par ce tissu de services). Outre une pépinière d'entreprises un peu étriquée, la Ville soutient l'emploi à travers quelques zones d'activités (Belle Place, Horbetoux, Bazinières, etc.) tournées vers l'artisanat, la métallurgie et les services. Ajoutez à cela le poids prépondérant du tertiaire de la ville-préfecture (2) et un fort maillage commercial du centre-ville et de la périphérie et on aura fait à peu près le tour du propriétaire. Un état de santé général plutôt satisfaisant que la taxe professionnelle historiquement élevée (19,95 %) n'a jamais paru freiner.
« Pas de grosses implantations depuis 30 ans »
La Roche-sur-Yon pourrait-elle encore faire mieux ? C'est ce que pense Georges Couturier, compagnon de route de Laurent Caillaud, candidat Nouveau centre à la ville : « Il n'y a pas eu une grosse implantation industrielle à La Roche-sur-Yon depuis Michelin, il y a plus de trente ans ! On a fait une croix sur l'industriel », vitupère ce pilier de l'opposition centriste. Et s'il trouve que « c'est une bonne idée », le coleader de « La Roche au coeur » trouve « bien timide » la montée en puissance du technopôle université-entreprises en gestation aux portes de la ville : « Il y a plus de champs verts que de réalisations concrètes ! ».
L'autre débat récurrent concerne l'intercommunalité économique. A longueur de séances, ces dernières années, les « petites » communes n'ont eu de cesse d'asticoter La Roche pour son « égoïsme » fiscal : « La Roche aurait dû réserver une partie de son Parc éco à une zone intercommunale reproche Philippe Darniche, le président MPF de la communauté de communes. « On est fiers d'avoir fait venir les vérandas Rideau sur le Parc éco 85 », rétorque Monique Rodde, adjointe à l'économie depuis 2001. « Nous avons créé 800 emplois en trois ans », balayait le maire-candidat Pierre Regnault au dernier conseil municipal du mandat. Politique et économie, le ménage sera toujours sur le fil du rasoir.
Marc LAMBRECHTS.
(1) La Roche comptait 22 341 salariés en 2000. Elle en dénombrait 24 323 en 2006 (+ 8,9 %). Il y avait 1 880 entreprises en 2000. Il y en a 1 935 en 2006 (+ 2,9 %). (Source Unistaits et Assedic, avec la collaboration de l'observatoire économique de la Vendée).
(2) Les plus gros employeurs sont les hôpitaux, la mairie et le conseil général, devant les « Big 3 » : Fagor Brandt (770), Michelin (750) et Atlantic (600).
Ouest-France