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Pendant les deux mois de son traitement, Adélia Calleau peut rester chez elle tout en recevant quatre fois par jour les soins dont elle a besoin. Aujourd'hui, elle bénit l'hospitalisation à domicile. « Entre mes soins, je peux me promener un peu dans le jardin. Je me sens plus autonome. J'essaie de faire la cuisine, j'ai plus d'appétit. Je fais des mouvements que je ne pourrais pas effectuer si j'étais à l'hôpital. Là-bas, on se laisse vite aller. On attend que le temps passe en regardant la télé et on progresse moins vite. »
Créée en 2003, l'HAD est une association qui dépend des services de l'hôpital départemental à La Roche-sur-Yon. Quatre antennes prennent le relais aux Sables-d'Olonne, à Challans, à Fontenay-le-Comte et à Montaigu. Pour Yves Pierre, médecin coordinateur, l'hospitalisation à domicile « permet d'écourter voire d'éviter l'hospitalisation traditionnelle ».
« Moins cher qu'une hospitalisation normale »
À cela s'ajoutent aussi des avantages financiers : « Une hospitalisation normale coûte au minimum 400 € par jour. En HAD, c'est deux fois moins cher, pour des résultats tout aussi satisfaisants. Voire meilleurs. On a vraiment l'impression que les patients vont mieux dès lors qu'ils rentrent chez eux. » Les soins pratiqués dans le cadre de l'hospitalisation à domicile sont cependant différents, « plus complexes et plus fréquents » de ceux dispensés habituellement dans le cadre du maintien à domicile.
Les demandes pour une entrée en hospitalisation à domicile peuvent être réalisées par le médecin traitant, par le personnel hospitalier ou par la famille du patient. « Il y a tout de même des conditions à remplir, explique Jean-Marc Aubret, infirmier coordinateur à La Roche-sur-Yon. Par exemple pour Mme Calleau, il a fallu s'assurer qu'on pouvait mettre un lit médicalisé au rez-de-chaussée. Dans le cas contraire, elle serait restée à la clinique. On regarde aussi l'environnement, l'hygiène. Même si on estime que le milieu qui nous est familier est plus sain que l'hôpital. »
L'association essaie de travailler en partenariat avec le corps médical libéral. Un procédé qui permet de conserver le lien de confiance déjà établi entre le patient et son médecin traitant : « Avant chaque entrée en HAD, on demande aux patients de nous indiquer les noms de leurs médecins traitants, kinésithérapeute ou infirmière à domicile. Ensuite nous contactons chacun d'entre eux pour savoir s'ils peuvent suivre une hospitalisation à domicile. »
Une fois le traitement terminé, le patient continue généralement d'être suivi par son médecin traitant. Pour Adélia, l'hospitalisation à domicile s'arrête à la fin du mois, juste à temps pour fêter ses cinquante ans de mariage. Avec des hanches en état de marche.
CL.H.