L'euthanasie des animaux fait débat à la SPA
La question de l'euthanasie fait parfois débat à la Société protectrice des animaux. Celle-ci admet que l'objectif « zéro euthanasie » n'est, en l'état actuel, pas réalisable.
Cette pratique est liée aux problèmes de surpopulation du refuge. Les portes ouvertes de ce week-end permettront peut-être de le désengorger.
Actuellement, le refuge SPA de La Roche-sur-Yon accueille 78 chiens... pour 48 places. Les chats sont moins à l'étroit ces jours-ci, mais la période de mise bas des chatons arrive et sans doute l'accueil plafonnera-t-il à 70 chats... pour 50 places (1). Dans ces circonstances, la question de l'euthanasie revient régulièrement et fait débat.
Au siège parisien de la SPA, la présidente nationale Catherine Lanty annonce clairement : « La SPA ne peut pas pratiquer le « zéro euthanasie », ce serait une promesse démagogue : les excès de surpopulation des refuges poseraient des problèmes de bien-être pour les animaux et menaceraient la sécurité du personnel et des bénévoles. Les responsables le savent bien et ne prennent pas ce risque. »
Catherine Langliné confirme l'autonomie du refuge de La Roche et le fait qu'elle ne peut tenir l'objectif « zéro euthanasie ». Avec juste ce qu'il faut d'état d'âme : « C'est très beau, vraiment... mais c'est impossible à tenir, même si l'on fait tout pour s'en approcher. »
Décision commune
Les animaux errants sont systématiquement accueillis.En revanche, pour les abandons, seules les urgences sont prises en compte : « On va prendre l'animal de la dame hospitalisée pendant trois mois, mais c'est tout. Les autres animaux sont condamnés de fait... mais ils échappent à un abri indécent. De ce fait, nous participons indirectement à l'euthanasie des animaux, il faut bien l'assumer. » L'euthanasie peut aussi concerner un animal pensionnaire du refuge : « En concertation avec le vétérinaire, les salariés et les bénévoles, nous prenons parfois la décision de faire pratiquer une euthanasie. C'est marginal : cela s'est produit pour deux chiens depuis le début de l'année, pour des raisons d'agressivité », assure Catherine Langliné.
Mais ce thème suscite toujours beaucoup d'émotion. « Parce qu'une euthanasie, c'est un sujet sensible dont la décision fait rarement l'unanimité », expliquent tant la présidente nationale que la directrice yonnaise. Des intervenants qui ont été mordus par un chien y seront favorables, mais celui qui se sera attaché à l'animal y sera opposé et en souffrira...
Claire HAUBRY.
Ouest-France