L'épicerie solidaire soigne ses « consomm'acteurs »
Josiane fait ses courses à l'épicerie solidaire. Elle ne tarit pas d'éloges : « On peut manger équilibré à bas prix et en plus, c'est convivial ! »
Un troisième magasin vient d'ouvrir à La Roche. On s'y nourrit à bas prix.Coup d'oeil derrière ces vitrines originales où le client met parfois la main à la pâte.
Le rayon frais, celui des pâtes, la caisse : bienvenue à l'épicerie solidaire ! Accessible aux petits budgets, la formule permet de faire ses courses à très bas prix. Le principe séduit de plus en plus : le quartier de la Liberté vient d'accueillir la petite troisième (lire ci-dessous), alors que Graine d'ID et le Secours catholique se sont lancées depuis une dizaine d'années.
Les trois magasins ont grosso modo le même principe : les clients peuvent choisir leurs produits avec une faible participation financière. La note ? 30 % du prix réel, voire 10 % pour certains produits. Seule pour élever ses enfants de 9 et 4 ans avec 670 € par mois, Josiane, 45 ans, apprécie de pouvoir remplir son panier : « C'est vraiment agréable d'avoir le choix, pour varier l'alimentation. Et puis, les produits sont de qualité ! »
Des clients acteurs
Comme les deux autres épiceries, celle de Graine d'ID propose de profiter des courses pour bénéficier de conseils sur l'alimentation, la cuisine, le budget... Josiane insiste : « L'ambiance est vraiment bonne. C'est un bon moment. »
Au rayon frais, Josiane peut acheter les plats préparés par Marie-Noëlle. Autrefois simple adhérente, cette autre « maman solo » a choisi de devenir membre actif de l'association : « Trois demi-journées par semaine, je travaille au jardin et je cuisine les légumes qu'on y récolte : cela me donne droit à trois paniers gratuits par semaine. »
Le système détrônera-t-il les distributions gratuites ? Les clients des épiceries sociales devraient avoir à choisir bientôt entre les deux systèmes. Gérard Vauglade rappelle : « Certains préfèrent les distributions et je respecte ça : dans un pays où il n'y a pas de travail pour tout le monde, il est normal que l'on assure autrement le besoin fondamental de manger. »
Pour Josiane, le choix est fait : « Même si c'est payant à l'épicerie, c'est ce que je garderai : à la distribution, je laisse certains produits de côté, sachant que mes enfants ne les mangeront pas. » Il est malheureusement fort probable qu'aucun des deux systèmes ne manquera d'activité : « Les demandes suivent à peu près celle de la Banque alimentaire », souligne Gérard Vauglade. Celle-ci vient d'annoncer que ses bénéficiaires étaient en hausse de 8 % par rapport à 2007.
Claire HAUBRY.
Ouest-France