L'argent des autres pour développer l'entreprise
L'entreprise Bel'm, à Machecoul, partage son capital avec trois fonds de pension. Ainsi, elle préserve son indépendance. :
Zoom sur les fonds d'investissements régionaux. Ils investissent dans tous types de sociétés pour leur permettre de grandir. Et se portent bien.
Qui sont ces fonds d'investissements régionaux ? Ils sont adossés à des banques, des fonds familiaux, des compagnies d'assurance... Ils se présentent souvent comme des « partenaires d'entreprises ». On les nomme aussi capital investisseur, ou fonds d'investissement. Leur rôle ? Investir dans le capital d'entreprises pour leur permettre de se développer. « Nous épaulons 149 entreprises en leur donnant des fonds propres, mais sans prendre de position majoritaire dans le capital », souligne Pierre Thiers, Pdg de la société nantaise IPO. À terme, l'objectif du fonds est de réaliser une plus-value lors de la revente des actions.
Quels critères de choix ? Très petite entreprise ou gros groupes, pas question de faire des choix à l'aveuglette quand on investit des centaines, voire des millions d'euros dans une seule entreprise. « Les investissements vont de 500 000 € à 13,8 millions d'euros », reprendPierre Thiers. « On regarde les hommes et la pertinence du projet », souligne Gérard Bodiguel, directeur général de Ouest croissance, qui a investi dans plus de 140 entreprises du Grand Ouest. En terme de création d'entreprise, l'innovation compte. « L'entreprise doit être en développement avec un chef charismatique qui connaît bien son métier », explique Christophe Blanchy, d'Uni Expansion Ouest (UEO).
Pourquoi faire appel à un fond d'investissement ? Le plus souvent, pour se développer. L'entreprise Hérault, fabricant d'ouvertures et fermetures, basée à Antigny (Vendée), a bénéficié de huit millions d'euros pour grandir en achetant une autre entreprise. Ces fonds servent aussi en cas de transmission : « L'entreprise Sogal fabrique des façades décoratives et coulissantes pour les placards en Maine-et-Loire. Son dirigeant actuel avait l'âge de partir et les fonds ont permis à deux cadres de devenir actionnaires de l'entreprise », explique le PDG d'IPO, qui a mis 8,5 millions d'euros dans l'opération.
Quels avantages ? S'adosser à un fonds d'investissement permet « plus de liberté, car le fonds ne s'immisce pas dans la gestion de l'entreprise », explique Yves Charpentier, directeur d'Hérault. Bel'm, leader de la fabrication de portes d'entrée à Machecoul (Loire-Atlantique), connaît le système. Il partage son capital avec trois fonds d'investissement, ce qui lui évite d'être vendu à un groupe financier ou industriel. « Cela assure la pérennité et l'indépendance », affirme son dirigeant, Yann Rolland.
Une affaire qui marche pour les investisseurs. En Pays de la Loire, plusieurs fonds d'investissements se partagent le gâteau, sans que la crise financière ne les atteigne encore. IPO a plus que doublé ses investissements durant le premier semestre 2008. Ouest croissance envisage d'accroître les siens de 50 % en 2008. 30 % pour Sodéro, basée à Nantes. Siparex se porte bien aussi. Comment expliquer ces progressions alors que la conjoncture est au plus mal ? Explication de Philippe Quelennec : « Tout tient au tissu économique de la région, qui est extrêmement riche. »
Élise CHIARI.
Ouest-France