Guy Bernardin a bouclé son tour du monde
Le navigateur, l'un des pionniers du Vendée Globe, est rentré à bon port hier. Son tour du monde en solitaire, à bord du vieux gréement « Spray of Saint-Briac », aura duré trois ans.
« J'étais parti pour 300 jours. Le périple a duré trois ans. À 64 ans, ça commence à compter. On s'économise ». Grand moment de joie et d'émotion, hier, pour Guy Bernardin, l'un des pionniers du Vendée Globe. Il est arrivé aux Sables « en forme. J'ai mangé du thon pendant huit jours, ça m'a bien retapé ». Oubliée la fatigue. Guy Bernardin est un navigateur heureux. Son tour du monde en solitaire à bord du vieux gréement le Spray of Saint-Briac, est désormais bouclé. En septembre 2005, il hissait les voiles pour une aventure dans l'esprit des grands voiliers d'antan, avec son complice, fidèle réplique du Spray de Joshua Slocum, premier circumnavigateur.
Ce tour, qu'il voulait sans escale, « ne s'est pas déroulé exactement comme prévu. 300 jours, c'était peut-être un peu prétentieux de ma part, compte tenu du bateau ». En mars 2006, il a dû s'arrêter en Afrique du Sud, puis, un an plus tard, à Opua, au nord de la Nouvelle-Zélande. En janvier dernier, une fuite sous la carène de son voilier l'obligeait à mettre le cap vers le Chili. Pas question pourtant d'abandonner. « J'y ai pensé pendant trois semaines. Et puis, je me suis dit, il faut y aller quel que soit le résultat ».
« Une aventure unique »
Le skipper a dû affronter le froid, des manoeuvres nuit et jour, surmonter la fatigue. Il reconnaît avoir, parfois, « été découragé par l'entretien à répétition du bateau. » À chaque fois, c'était un mois et demi de travail, 10 heures par jour. « J'étais lessivé. Mais c'est le destin. Il ne faut pas le forcer ». Le navigateur ne s'en cache pas. « Il fallait vraiment être motivé et déterminé pour aller jusqu'au bout ». Un moyen de montrer « qu'avec la volonté, on peut entreprendre et réussir, même si ça ne rapporte pas d'argent ».
De son périple, Guy Bernardin ramène de merveilleux souvenirs. « J'ai rencontré des gens intéressés par l'histoire du bateau. J'ai aussi renoué des amitiés. Chaque expérience réussie apporte une nouvelle sérénité ». Son rêve est désormais réalisé. « J'ai pensé que le bonhomme et le bateau étaient capables de le faire. C'est une aventure unique. Je suis privilégié ».
De retour sur les pontons, il va s'attaquer à la remise en état de son bateau. « Le repos, c'est l'action ». Ses projets ? « Il faut que ça se décante. Je suis tenté par le Chili, les États-Unis ». Il n'exclut pas l'idée de repartir pour un autre Vendée Globe. « Si l'occasion se présentait, il ne faudrait pas me titiller longtemps ».
Ouest-France