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Franck Kita partage les mêmes valeurs que celles de son père Waldemar : le travail avant tout. : Frédéric Giroufamille et travail sont intimement liés.
Il est l'élément le plus discret du cinq majeur. Waldemar Kita, Claude Robin, Pascal Praud et Christian Larièpe répondent volontiers aux sollicitations médiatiques. Disponible, Franck Kita se tient pourtant en retrait. Il reçoit dans le bureau de Pascal Praud, au premier étage du bâtiment administratif de la Jonelière. Costume gris anthracite, tiré à quatre épingles, le port altier, le jeune directeur développement et marketing du FC Nantes a tout du gendre idéal. À 26 ans, celui qui ne boit pas, ne fume pas et partage sa vie avec la même femme depuis 8 ans, se voit intronisé chef du service « relooking » du FC Nantes.
L'esprit de famille
C'est en effet l'un des chantiers prioritaires de l'ère Kita père : l'octuple champion de France a besoin d'un lifting. Franck Kita endosse la blouse du chirurgien esthétique. De la casquette des Canaris à l'écharpe des Jaune et Vert en passant par le fanion ou le porte-clés, aucun produit dérivé ne doit désormais échapper à son expertise. « Je mets le nez dessus, et en général, je retouche. » Le propriétaire du club ne rechigne pas à travailler en famille. Le paternel n'est d'ailleurs jamais très loin de sa progéniture. « Quand on ne se voit pas, on s'appelle cinquante fois par jour, c'est pareil avec ma mère. »
Exigeant, Waldemar Kita n'en accorde pas moins un crédit illimité à sa garde rapprochée. Le cursus scolaire et universitaire de Franck Kita le prédestinait à la fonction : Genève, Londres, Paris, les États-Unis « coast to coast » Los Angeles puis New York pour valider un MBA (Master of Business Administration). Voilà pour la théorie. Concernant la deuxième phase, celle des travaux pratiques, le jeune diplômé n'a pas envoyé des CV tous azimuts.
Le père réussit dans les affaires. La filiation a fait le reste. Sans pour autant servir de laissez-passer se défend l'intéressé. « Dans mon cas, il y a deux possibilités : soit on n'en fout pas une et on se contente d'être né avec une cuillère d'argent dans la bouche, soit on travaille dur. » On devine aisément que la première hypothèse n'est pas celle qu'il a privilégiée. « Chez nous, à la maison, on ne parle que de boulot. Papa m'a toujours dit que l'argent ne tombait pas du ciel. »
Direction la Pologne donc, et Varsovie, où une centaine de personnes travaillent sous ses ordres dans une filiale de Corneal, société spécialisée dans la fabrication de lentilles intra-oculaires dont Waldemar Kita est le fondateur. « Déjà, à l'âge de 6 ou 7 ans, je donnais un coup de main dans les locaux de la société pendant mes vacances d'été. J'aidais lors des opérations d'emballage de produits, à la réception des colis etc. Je ne me levais pas à midi. »
Sportif à ses heures
Le paternel ne l'aurait sans doute pas supporté. À 10 ans, c'est dans la très réputée usine à champions de Nick Bollitieri qu'il passe quelques semaines, la célèbre académie de tennis de Bradenton (Floride) où le petit Franck va parfaire son coup droit et surtout son anglais pendant les vacances estivales.
Il lâchera la raquette quelques années plus tard sur un niveau très honnête, classé 15. « Être 30/5, ce n'est pas intéressant, on ne s'amuse pas. Papa a tout fait pour me pousser à un bon niveau, pas pour être professionnel. » Habile de ses mains, doué de ses pieds, il revendique une expérience « au Servette de Genève, où j'évoluais comme milieu de terrain offensif lorsque j'avais 16 ans. » Désormais, le sport, c'est le week-end, lorsque l'emploi du temps le permet, dans une salle de fitness principalement. La semaine, il multiplie les allers-retours entre Paris, où il réside, et Nantes. L'ordinateur portable sur les genoux et le Blackberry à portée de main.
Loïc FOLLIOT.