Football : Le club des Sables tient à son honneur
Les Sablais devaient reprendre l'entraînement avant-hier. La descente administrative, confirmée en appel, a tout remis en cause. Bernard Chabirand (président) dit ne pas comprendre et s'en est expliqué. : Ouest-France
Gros plan. Rétrogradé sportivement en CFA 2, puis administrativement en DH, le club des Sables-d'Olonne ne digère pas. Pour laver l'affront, il veut prouver sa bonne foi et la viabilité de ses finances.
Forum : Les Sables TVEC rétrogradé, qu'en pensez-vous ?
La DNCG (1) a frappé un vilain coup au club des Sables (2), déjà relégué en CFA 2, pour un point, et désormais sommé de repartir en DH, d'où il était parvenu à s'extraire, cinq ans plus tôt. Le retour d'ascenseur est aussi brutal qu'inattendu. Car si le résultat comptable provisoire, au 31 mai (- 52 000 €), a pesé dans la première décision, rendue fin juin, les dirigeants se voulaient rassurants. « Des rentrées d'argent public et privé sont prévues pour un montant de 104 000 €. L'équilibre sera garanti au terme de l'exercice. » Sauf qu'après réexamen du dossier, le 2 juillet (un oral qui aura duré une heure et demie), l'organe de contrôle ne l'a pas entendu de cette oreille. Que s'est-il passé ?
« On a manqué de vigilance mais pas d'honnêteté »
Hier matin, à l'heure où le soleil dardait ses premiers rayons sur le remblai, et avant de filer sur Paris, pour des raisons professionnelles, le président Bernard Chabirand a joué cartes sur table, ajoutant à l'incrédulité. « Le procès verbal de la commission nous est parvenu jeudi dernier. On nous reproche, notamment, d'avoir commis des erreurs dans les écritures, et de ne pas avoir fourni certains documents dans les délais. Quand nous les avons transmis, en appel, on nous a, cette fois, objecté qu'ils n'étaient pas complets, ni de nature à garantir le versement des sommes indiquées. Depuis, c'est pourtant chose faite... » Un léger excédent pourrait même apparaître à la clôture des comptes !
Aux commandes du navire phare de la Côte de Lumière depuis 1991, Bernard Chabirand parle d'incompréhension. Il admet, cependant, certaines négligences imputables à l'inexpérience, mais qui ne valaient pas, à ses yeux, d'être réprimées de la sorte. Car il faut effectivement ajouter, en sus de la sanction administrative, une amende de 5 000 € pour laquelle, d'ailleurs, le président s'apprête à solliciter une demande de remise grâcieuse. « Quand on est monté en CFA, l'année dernière (in extremis, au titre de meilleur 2e), on est entré dans un monde inconnu. Ç'a été un peu trop vite pour nous et on s'est donné du temps que nous n'avions pas compte tenu des exigences à ce niveau », reconnaît le président.
Cette légèreté est encore à l'origine du troisième grief formulé par la DNCG : l'absence d'un commissaire aux comptes certifié, auquel tout club doit se soumettre dès lors qu'il perçoit plus de 150 000 € de subventions. Or, aux Sables, cette omission n'a été rectifiée qu'au mois de mai. « On a manqué de vigilance mais certainement pas d'honnêteté quant à l'état de nos finances », jure Bernard Chabirand.
S'il n'y aura pas de demande d'arbitrage du CNOSF (3), car « cela ne sert jamais à grand-chose », un recours en annulation devant le tribunal administratif pourrait être déposé dans les deux mois. « Lorsque la DNCG sévit, on entend parler de déficit. Je promets qu'on en est loin, chez nous, et nous entendons le prouver », insiste le président.Question d'honneur, sans doute, pour rétablir l'image des Sables, forcément écornée. Car sportivement, son sort est scellé.
Il faut maintenant faire face aux conséquences du coup de semonce : reprise de l'entraînement et programme de matches amicaux à revoir, enveloppe budgétaire réduite de moitié (elle serait d'environ 300 000 €), recrutement plombé, avec un entraîneur et des joueurs, soit sur le départ (4), soit dans l'expectative.Quel défi !
Michel LE TUTOUR.
(1) Direction nationale du contrôle de gestion.
(2) Ouest-France, jeudi 26 juin et vendredi 4 juillet.
(3) Comité national olympique et sportif français.
(4) Pierre-Yves David - l'entraîneur qui devait succéder à Jean Renoux - ainsi que les nouveaux venus, Christophe Wargnier (Fontenay), Benoît Devin (Vitré), et Thomas Lahaye (Stade briochin) sont partants. Pour Ibrahima Cissé (La Roche VF), l'incertitude demeure. Romain Dubois et Jérôme Adam joueront, respectivement, à Cognac et Cholet. Ces départs s'ajoutent à ceux déjà connus : Mondon-Konan, Jean, Chekal, Kuku et Hani.
Ouest-France