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VM : La concurrence est-elle selon vous absolument nécessaire dans tous types d'activités ?
J.B : Disons plutôt qu'elle est souhaitable et porteuse de toute une série d'éléments positifs, en permettant de faire fructifier les forces du marché. Pour autant, elle doit être encadrée dans certains types d'activité. Les limites touchent notamment les plus faibles, qui se retrouvent confrontées aux problématiques de la concurrence, comme la liberté.
Jusqu'où peut-elle aller ? Faut-il lui fixer des limites ou tout au moins tenter de la réguler ?
La concurrence est souhaitable et doit être régulée là où c'est indispensable. Mais toujours avec beaucoup de prudence. Prenons la tendance du marché foncier, en Vendée, qui n'était traditionnellement pas ouvert à la concurrence auparavant (gestion par les collectivités). Un marché prolifique s'est depuis ouvert, avec des investisseurs privés. Un équilibrage s'est opéré, avec mais l'inflation a été brutale. Les personnes s'installant sur la côte, avec de faibles moyens financiers, en souffrent. Autre exemple : le prix du pain, d'abord encadré puis libéralisé, n'a pas explosé.
À qui profite principalement cette concurrence ?
Aux plus habiles, aux plus entreprenants, aux plus dynamiques. Et à tout type de gens... Certaines entreprises cherchent à profiter du système, comme partout. Mais les règles du jeu permettent de rétablir l'honnêteté.
Les absorptions de sociétés pour contrer cette concurrence sont-elles néfastes ou bien bénéfiques ?
Ces absorptions peuvent être néfastes et pas nécessaires pour contrer la concurrence. Mais elles peuvent également être profitables aux performances de l'entreprise et à sa taille critique. En englobant les aspects industriels, social et économique. Chaque acteur a ses intérêts dans la concurrence qui a du bon. Par exemple, il est préférable d'avoir un regroupement de garages automobiles dans un même secteur pour créer une émulation. A contrario, dans certains pays, les systèmes économiques mis en place sans concurrence par l'extrême droite ou gauche ont conduit à des échecs.
Quel serait le risque majeur de n'avoir qu'une seule offre ?
Outre le problème de l'inflation, les risques portent sur l'absence d'émulation, l'absence de qualité de l'offre, avec des répercussions sur les prix, les services, le positionnement. L'accès au marché est bénéfique pour les consommateurs et les entreprises.
Propos recueillis par Benoît Quaireau