Enfant du lac : le tueur présumé de la mère d'Antoine écroué
La Roche-sur-Yon, hier. Vers 14 h 30, l'ex-concubin de la mère d'Antoine arrive au tribunal, pour être présenté à un juge d'instruction. : Photo Natacha Favreau
Dans l'affaire du Bois-de-Céné, l'ex-ami passé aux aveux a été mis en examen hier. Il risque la prison à vie.
Ils allaient à la pêche ensemble. Il le conduisait parfois à l'école. Et pourtant c'est lui qui a tenté froidement de le noyer après avoir tué sa maman. Cédric Hornec, l'ex-ami de la mère d'Antoine, « l'enfant du lac d'Apremont », a passé hier sa première nuit derrière les barreaux.
Une information judiciaire pour « homicide volontaire » sur la personne d'Anne Deriez, 30 ans a été ouverte hier par Pierre Sennes, le procureur de la République de La Roche-sur-Yon. Une autre information judiciaire le visant a été ouverte, pour « tentative d'assassinat » sur le garçon, sauvé de la noyade vendredi à l'aube (nos dernières éditions).
Dispute sur des « infidélités »
Tout a commencé dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, peu après minuit, dans le petit pavillon de Bois-de-Céné, chez Anne Deriez. Cédric et Anne y vivaient jusqu'à leur séparation « en bons termes » il y a une quinzaine de jours.
Là, dans la salle à manger, le ton monte au cours d'une dispute portant sur des « infidélités ». Emporté par la colère, Hornec, 29 ans, lui porte de « très violents coups au visage », en prenant soin de maintenir un coussin sur sa bouche pour l'étouffer, et ainsi ne pas alerter Antoine, 8 ans, qui dort dans sa chambre.
L'acharnement d'un homme
C'est alors qu'ayant réuni ses affaires dans un sac, et s'étant changé, il réveille le garçon et l'emmène de force dans sa voiture, une 306 noire, via une porte dérobée, ce qui explique le fait qu'Antoine n'a pas vu sa mère gisant sur le sol, allongée sur le dos.
L'homme roule toute la nuit, jusqu'au lac d'Apremont. Là, il prend l'enfant par la main, le conduit jusqu'au ponton, et le pousse dans l'eau. Antoine, « costaud physiquement », se débat, parvient même à s'accrocher au rebord. Mais Cédric, décrit pourtant par le grand-père maternel comme quelqu'un de « franc », « courageux », « carré », maintient la tête de l'enfant sous l'eau, « jusqu'à ce qu'il ne bouge plus », a précisé hier le procureur.
Ce n'est que vers 6 h 30 qu'un promeneur sauvera la vie d'Antoine, en état d'hypothermie, mais qui sera tiré d'affaire. Le mécanicien, lui, a déjà repris le volant de sa 306, direction Notre-Dame-Riez, à une quinzaine de kilomètres d'Apremont, pour brûler puis jeter dans un ruisseau ses effets personnels, qui auraient pu contenir des taches de sang.
Une planque de 48 heures
Hornec trouve refuge chez une amie, Raymonde Krawezyck, la quarantaine, une femme « un peu dépressive » qui vit seule dans son appartement à Saint-Hilaire-de-Riez. Sa planque va durer 48 heures ; il ne mettra pas le nez dehors, jusqu'à l'arrivée des gendarmes, dimanche. Une information judiciaire a été ouverte contre sa complice pour « recel de malfaiteurs ». Elle devait être placée sous contrôle judiciaire. Elle risque jusqu'à 3 ans de prison.
Après avoir, dans un premier temps, refusé de collaborer, Cédric Hornec commence à passer aux aveux dans la nuit de dimanche. Transféré hier en début d'après-midi au parquet de La Roche-sur-Yon, il a été présenté devant un juge d'instruction, qui a prononcé sa mise en examen. Il encourt la prison à vie. Hornec, apparu « très éprouvé » au cours de sa garde à vue, a formulé des regrets pour les actes qu'il avoue avoir commis, et qu'il n'explique que par de la « panique ». La panique d'un « beau-père » qui a déconné.
Yann-Olivier Bricombert
Presse-Océan