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La réserve naturelle de Saint-Denis-du-Payré, gérée par l'Association de défense de l'environnement en Vendée (Adev), est un extraordinaire terrain d'observation pour les amoureux de nature (ici des étudiants corréziens lors d'une récente visite). A gauche, Yves Le Quellec, l'un des dissidents de l'association qui contestent le mode de gestion de la présidente Colette Maillet (en haut). : ArchivesDepuis un an (lire ci dessous), Yves Le Quellec ou encore Anne-Marie Grimaud, des « dissidents » de l'Adev, martèlent : « L'association a été noyautée par des personnes qui ont des intérêts personnels ou professionnels autres. » Les mis en cause, par la voix de la présidente Colette Maillet, crient à la tentative de putsch : « On veut nous prendre la gestion de la réserve ! » Ça barde !
Un observateur extérieur décrypte : « Cette association écologiste a longtemps été assez modérée, mais ferme : petit à petit, ça a tourné au vert pâle. » Ce n'est pas joli, le vert pâle ? Yves Le Quellec rappelle le jeu de la négociation : en général, l'administration prend des dispositions intermédiaires, après que chacun a tiré la couverture à soi. « Avec l'Adev, dit-il, les demandes dites écologistes sont souvent très proches ce que veulent les professionnels du tourisme, de l'agriculture ou de l'immobilier... Ça peut arriver, mais de là à être bien en-dessous de ce que proposent les techniciens de l'administration, c'est quand même curieux ! »
Dettes
L'avenir ne serait pas rose : à une époque plus favorable que jamais à la collecte de fonds pour la protection de l'environnement, l'Adev a quand même trouvé moyen de s'endetter. Le conseil d'administration, pour éponger les dettes, annonce la mise en vente de la nue propriété de la maison de la réserve. Ce qui fait encore bondir Yves Le Quellec : « Au sein de la société immobilière en cours de montage, on découvre la présence de l'association Nature et vie ! »
Nature et vie ? Une émanation de la FDSEA, la Fédération départementale des... syndicats exploitants agricoles. « Elle s'occupe de l'image des agriculteurs, pas de la protection de l'environnement ! Comment espérer que l'Adev donne des avis techniques en toute indépendance ? C'est de pire en pire », s'étouffe Yves Le Quellec.
François de Chantérac, le secrétaire adjoint de l'Adev, revendique au contraire « l'absence de tout carcan idéologique ». En se faisant un peu prier, il donne sa profession : gestionnaire de biens immobiliers et, « pour une faible part », agriculteur. Mais comme disent les responsables de l'association, « tout le monde a le droit de s'intéresser à l'écologie »...
Claire HAUBRY.