Anonyme et gratuit, le don d'organe n'a pas de prix
Les militants du don d'organe ont fait campagne, samedi, aux Flâneries.
Des militants associatifs du don d'organes étaient samedi aux Flâneries. Pour mieux faire connaître ce geste qui sauve des vies.
L'idée était dans les cartons de France Adot Vendée depuis quelques années déjà. Le président de l'association des commerçants des Flâneries, Alain Barraud, a permis qu'elle se concrétise. C'était samedi dernier. Avec plusieurs associations (1), France Adot 85 est venu faire la promotion du don d'organes. Car il y a urgence. Les dons sont insuffisants, pour des tas de raisons, la première étant peut-être la méconnaissance du don d'organe.
Première règle rappelée samedi parMicheline Piveteau, présidente de France Adot 85, « pour qu'un don d'organe soit possible, il faut que la personne soit en état de mort encéphalique. » Pour schématiser, la mort encéphalique signifie la mort cérébrale d'un individu, donc le caractère irréversible de sa situation. A ce stade, les organes vitaux (foie, coeur, poumons, reins, pancréas) fonctionnent encore, et peuvent être prélevés. De fait, les prélèvements d'organes restent donc limités. A titre d'exemple, en Vendée, en 2007, 31 morts encéphaliques ont été enregistrés. Mais seulement 14 prélèvements ont eu lieu. Les raisons ? Des contre-indications médicales parfois, mais aussi tout simplement les refus des familles. « Certaines ont peur de devoir payer », raconte Micheline Piveteau. Une idée fausse, la seule situation engendrant des frais étant « le don du corps à la science ».
14 000 attendent une greffe
Autre crainte exprimée parfois, celle d'un prélèvement qui aurait lieu « avant la mort ». Une confusion peut-être née de l'ambiguïté qui entoure la notion de mort encéphalique, les organes vitaux étant en effet, à cet instant, toujours « en vie ». La religion est également invoquée parfois. Pour limiter ces refus (même si la loi du 6 août 2004, au nom du principe du consentement présumé, permet le prélèvement) et augmenter les prélèvements possibles, la seule et unique solution reste donc de faire campagne, encourager ce geste qui sauve, inciter chacun à faire connaître sa position, soit en ayant une carte de donneur, soit encore en faisant savoir sa volonté, au cas où. Même si ça ne suffit pas. Car les proches, « parfois désemparés face à une mort brutale », peuvent dire non. Et disent non.
Au grand dam de ceux qui attendent un organe. Ils sont 14 000 actuellement. L'an passé, près de 6 000 personnes ont bénéficié d'une greffe. Des greffés qui sont souvent les premiers militants de cette cause, dont le «drame» est de ne pouvoir, à leur tour, céder un de leurs organes, à cause des médicaments anti-rejets qu'ils prennent.Maigre consolation pour eux : ils peuvent, depuis peu, correspondre avec les proches du donneur, « pour dire merci bien souvent ». Ils peuvent même en savoir un peu plus sur le donneur, son âge, son sexe et même les circonstances du décès, l'identité du donneur restant, elle, tenue secrète.
Philippe ECALLE.
(1)La Ligue contre le cancer, Vaincre la mucoviscidose, Association vendéenne des stomisés, Les donneurs de sang, Fédération nationale d'aide aux insuffisants rénaux, Association de malades cardio-vasculaires, Solidarité encouragement du dévouement et du bénévolat, Transhépate Bretagne-Ouest.
Renseignements auprès de France Adot 85 : 02 51 66 89 30.
Ouest-France