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Anne-Sophie Vilmus, à gauche, avec Marine Santini Lambert, sa patronne fleuriste de « L'Ambiance fruitée », à La Roche-sur-Yon. Après ses études au collège Richelieu de La Roche-sur-Yon, Anne-Sophie s'est dirigée vers un pré-CAP sous l'égide la maison familiale rurale des Herbiers. Après avoir tâté de la tapisserie-décoration, elle a finalement opté pour un CAP de fleuriste. Obtenu à La Roseraie aux Essarts. Ne restait plus qu'à compléter ce parcours par un BEP en alternance chez une patronne. Un beau matin, un peu intimidée, Anne-Sophie Vilmus est entrée dans la boutique de Marine Santini-Lambert, patronne d'Ambiance fruitée, fleuriste-décoration au centre commercial de la Garenne, à La Roche-sur-Yon : « Le contact a été bon. Je l'ai trouvée tout de suite vive et sympathique », témoigne Marine Santini-Lambert. Une semaine plus tard, la maman d'Anne-Sophie est venue expliquer sa dysphasie : « Ça ne m'a pas découragé de ma première impression. J'ai eu envie de tenter l'expérience avec elle ».
« Elle peut tenir toute seulela boutique »
Tous les lundis, Anne-Sophie Vilmus retourne à la Louisière, la maison familiale des Herbiers, pour quatre heures de cours en tête à tête avec une professeure de français qui « décortique » les mots avec elle : «Quand je lis, c'est à voix haute et quelqu'un doit me réexpliquer derrière », fait comprendre Anne-Sophie.
Ce va et vient boutique-école, cet acharnement souriant pour aller chercher l'emploi avec les dents finissent par payer : « Elle a pris énormément de confiance en elle depuis deux ans qu'elle est ici. Au début, elle avait du mal à prendre les commandes par exemple. Et je n'arrivais pas à lire ce qu'elle écrivait phonétiquement », poursuit sa patronne.
Au fil du temps, le tandem a appris à fonctionner ensemble. Comme une rose sur un tuteur, Anne-Sophie s'est épanouie : « Avec tout ce soutien, ça va beaucoup mieux. Avant, je repassais derrière elle. Aujourd'hui, je peux lui confier le magasin. Elle a beaucoup gagnée en maturité », se réjouit Marine Santini Lambert.
Mieux, elle a été toute surprise un jour de voir débarquer un responsable venir lui expliquer qu'elle avait droit à une aide annuelle de 3 050 € de l'Agefiph (association de collecte des fonds d'aide au travail des handicapés). Un « plus » appréciable mais pas le vrai moteur de sa conviction de patronne de « handicapée » : « Je savais, en la prenant, à quoi m'en tenir. Et je ne regrette rien, au contraire. Anne-Sophie est hypermotivée, consciencieuse ». L'intéressée s'illumine d'un grand sourire : « Un magasin à moi ? J'y pense. Mais pas tout de suite. Je dois prendre encore de l'expérience ». Parole de future patronne !
Marc LAMBRECHTS.