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900 personnes pour soutenir le projet de Super U à Boufféré. : Ouest-FranceUne salle pleine à craquer, avec trois cents personnes assises, autant debout, un hall d’accueil également très bien rempli, et même quelques personnes dehors, écoutant par les fenêtres.
Le magasin, qui est construit à l’entrée de la commune, et devant la rocade, avait annoncé son ouverture le 10 octobre. Mais l’autorisation, délivrée par la commission départementale d’équipement commercial (CDEC), a été suspendue, fin août, par le tribunal administratif, en attendant un jugement sur le fond. Un énième épisode dans un feuilleton qui a, déjà, connu de multiples rebondissements : première autorisation refusée pour vice de forme, permis de construire suspendu, etc. Sur les 56 personnes qui avaient été embauchées, 35 ont été reclassées dans d’autres magasins U, les 21 autres ont été licenciées. « Certes, nous avons pris un risque, convient Jean-Marc Brosset, qui porte le projet avec sa femme Annie. Mais il était très calculé. Nous avions mené de nombreuses études. »
Un boycott?
Dans la salle, beaucoup sont remontés. « Pour le bien des consommateurs, on a besoin d’une concurrence », lance un participant lors du débat. La question de la densité commerciale est au centre de la décision du tribunal de Nantes. L’équilibre pourrait être rompu. Les élus du secteur, qui soutiennent le projet, mettent, en avant, eux, la forte augmentation de population depuis le dernier recensement. « Entre 1999 et 2007, ce n’est plus le même monde », constate Joseph Chatry, le maire de Boufféré. Il regrette, comme le président de la communauté de communes, Antoine Chéreau, « l’importante évasion commerciale ».
Face aux procédures, certains n’hésitent pas à parler d’« acharnement ». Qui en est à l’origine ? Deux associations constituées, notamment, de petits commerçants et d’autres moyennes surfaces du secteur. « De notre côté, nous en sommes à 12 000 euros de frais d’avocat », constate un élu de Boufféré.
Des salariés du Super U de La Bruffière, également dirigé par les époux Brosset, annoncent qu’ils vont envoyer une lettre ouverte au Président de la République. Certains lancent l’idée d’une manifestation, d’un boycott de certaines enseignes… Une pétition est également lancée. « La désobéissance civile est une solution, indique le maire Joseph Chatry. Mais surtout, nous voulons rester dans la légalité. » Quand le développement économique entraîne aussi la guerre commerciale sans merci.
Philippe de Villiers à propos du Super U de Boufféré : « Un drame humain »
« C’est la colère en Vendée, a martelé Philippe de Villiers, le président du conseil général, arrivé en fin de réunion sur le Super U de Boufféré, hier soir. La situation est grave. La démocratie a parlé. Les élus se sont exprimés, ils ont fait un choix. Et tout à coup, tout s’arrête. C’est un drame humain. Pour les salariés. Pour les époux Brosset, qui sont très éprouvés. Mais aussi pour les consommateurs. Beaucoup attendent ce magasin. Comme des anciens qui ont dû mal se déplacer, par exemple. Derrière, se profilent des grands groupes, qui ne pensent qu’à l’argent et qui se servent de la justice pour faire de l’argent. Je demande aux pouvoirs publics que le magasin puisse ouvrir, d’une manière ou d’une autre. J’ai saisi le préfet en lui disant : si vous voulez passer un bon séjour en Vendée, il faut nous résoudre ce problème ! S’il faut manifester, avec maires en écharpes, on le fera. Face à une décision qui sanctionne et pénalise notre territoire, il n’y a qu’une réaction possible : la colère. On ne se calmera pas. Oui, c’est la colère à Boufféré. »
Matthieu Marin.