Édition du lundi 10 mars 2008
La Roche-sur-Yon. Pierre Regnault garde les clés de la ville
Malgré l'adversité, le PS garde le chef-lieu
de la Vendée, dès le premier tour.
C'était loin d'être écrit d'avance. Et pourtant, il l'a fait ! Sept ans après la victoire au premier tour de Jacques Auxiette, le PS Pierre Regnault a démontré, hier, qu'il n'avait pas galvaudé l'héritage, en raflant la mise dès le tour inaugural avec 50,08 % des voix.
Une performance dans la lignée de sa victoire décrochée dans la cantonale sud de 1998 face au MPF Philippe Darniche. Comme il y a dix ans, il lui a finalement suffi de quelques dizaines de voix pour transformer en or un scrutin que bien peu d'observateurs, il faut bien le reconnaître, voyait plié dès le premier tour.
6e victoire consécutive de la gauche
A l'arrivée, pas plus la multiplication des listes (cinq), que le score honorable réussi sur sa gauche par la liste « Cap à gauche » emmenée par Anita Charrieau (7,66 %), ne sont parvenus à priver l'attelage PS/Verts, assorti de quelques communistes dissidents, d'une sixième victoire consécutive dans le chef-lieu de la Vendée.
Ses adversaires pourront toujours se consoler, en se disant que le score global de la gauche est en recul de près de dix points par rapport à 2001. A l'époque, les listes Auxiette et Boursier avaient totalisé près de 67 % à elles deux.
Mais cela n'enlève rien à la performance de Pierre Regnault. Il est juste paradoxal de constater que, en remportant l'élection au premier tour, le successeur de Jacques Auxiette disposera sans doute d'un peu moins de conseillers municipaux (34) qu'il en aurait probablement eu, s'il avait dû passer par un deuxième tour.
Peltan surnage, Caillaud coule
Il en faudrait plus pour le contrarier. Finalement, la plus grande nouveauté pour Pierre Regnault, c'est qu'il va devoir composer avec une nouvelle chef de file de l'opposition. Exit Laurent Caillaud et Georges Couturier. En obtenant moins de 8 % des voix, le candidat investi par le Nouveau centre est le grand perdant de cette élection. Malgré une campagne de qualité, il n'a pas fait le poids face à Michèle Peltan, sa collègue du Nouveau centre investie par l'UMP et soutenue par le MPF.
Comme Raoul Mestre (MoDem), il n'obtient qu'un siège au sein du futur conseil municipal. L'équipe de La Roche gagnante, emmenée par Michèle Peltan, y fera une entrée remarquée avec six conseillers.
Une victoire à la Pyrrhus pour le moment pour Michèle Peltan, en ballottage plutôt défavorable dans son canton face à la PS Sylviane Bulteau.
Trente et un ans après la défaite de Paul Caillaud, La Roche reste plus que jamais une terre de mission pour la droite...
Yves GOURMELON.
Ouest-France